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Méthanisation La production de biogaz ne décollera pas sans évolutions règlementaires

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Selon une étude réalisée par le cabinet Ernst & Young pour l’Ademe et GrDF, la France ne pourra pas atteindre l’objectif de production de biogaz fixé par le Grenelle sans évolutions réglementaires importantes. Le cabinet d’étude prévoit une croissance de 5 à 20 unités par an en moyenne d’ici 2020 dans le secteur agricole.

L’objectif du Grenelle « de 1 000 installations de méthanisation agricole supplémentaires d’ici à 2013 ne pourra être atteint dans un contexte politique et réglementaire identique à celui existant aujourd’hui », estime le cabinet Ernst & Young dans une étude publiée le 22 novembre pour l’Ademe et GrDF. L’étude – basée sur une quarantaine d’entretiens avec des professionnels de la filière – met en avant trois facteurs qui conditionneront le développement de la méthanisation : la rentabilité des installations (revalorisation du tarif d’achat de l’électricité et création d’un tarif d’achat de biométhane), un retour d’expérience positif des secteurs qui investissent actuellement dans la méthanisation, et une simplification des démarches administratives. La possibilité d’injecter du biogaz dans le réseau ou de le commercialiser en tant que carburant devrait également lever des obstacles. Tous secteurs confondus (agricole, traitement des déchets, industriel…), l’étude estime les perspectives de développement de la production de biogaz à l’horizon 2020 dans un contexte identique à celui existant à environ 11 TWh de biogaz (le potentiel français de production de biogaz étant entre 80 et 180 TWh par an).

2 TWh de biogaz agricole en 2020
Le cabinet d’étude prévoit une croissance de 5 à 20 unités par an en moyenne d’ici 2020 dans le secteur agricole. Mais il est plus probable que l’on observe un développement de type exponentiel avec un démarrage faible (+ 5 à 10 installations par an) puis à partir de 2015 une accélération du rythme annuel de construction de nouvelles unités. Selon le scénario le plus optimiste, l’énergie primaire produite à partir de méthanisation agricole pourrait atteindre près de 2 000 GWh en 2020 contre 50 environ en 2008. « Toutefois, le dynamisme des acteurs de cette filière permettrait un développement beaucoup plus soutenu si les mesures financières incitatives mises en place étaient complétées ou renforcées », soulignent les auteurs.
Les tarifs de rachat de l’électricité et du biométhane injectés dans le réseau de gaz naturel devraient bientôt évoluer. Par contre, la valorisation du biogaz sous forme de « biométhane carburant seul » semble difficile sans une volonté politique forte et la disponibilité d’une flotte de véhicules fonctionnant au GNV (Gaz naturel pour véhicules) sur le territoire qui ne pourraient, dans un premier temps, qu’être portés par des collectivités locales.

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