Affectée par la sécheresse, la production française de luzerne déshydratée descend à 713 000 t cette année (contre 801 000 t en 2014) dans un marché porteur, a indiqué le 8 décembre Coop de France Déshydratation.
« Les rendements 2015 de la luzerne sont les plus faibles depuis quinze ans », a noté en conférence de presse Serge Faller, directeur de Désialis. Ils s’établissent à 12,31 t de granulés par hectare (14,37 t/ha en 2014). Le taux de protéine atteint, lui, une valeur très élevée, à 18,45 %. « On a un souci de productivité, a reconnu le président Jean-Pol Verzeaux. La recherche de nouvelles variétés n’est pas assez développée. » Mais un consortium avec la Chine, impliquant l’Inra, dispose de 20 M d’euros de budget pour élargir les ressources génétiques en légumineuses, selon Coop de France Déshydratation. « Dans les années difficiles, les agriculteurs ne fertilisent pas assez », a ajouté Jean-Pol Verzeaux avant de signaler une « reprise en main » du problème par les coopératives.
Consommation record
« On s’achemine vers une consommation record en luzerne, malgré un contexte déprimé en lait et viande », a poursuivi Serge Faller. Le marché français affiche une forte demande en pellets depuis août dernier, conséquence d’un besoin de fourrage lié à la sécheresse. En balles pour vaches laitières, elle montre une légère baisse compensée par la demande Sud Loire. La consommation européenne de pellets est à son plus haut depuis quatre campagnes, dans un marché qui « se qualifie » (développement cellulose, bio).
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La luzerne est actuellement payée entre 165 et 170 euros/t contre un blé à moins de 150 euros/t, a-t-il été indiqué. Dressant des perspectives à l’horizon 2016-17, Serge Faller a considéré que « le prix de marché de la luzerne pourrait se tendre d’ici la fin de campagne. Nos débouchés font preuve d’une très bonne résistance en dépit de la crise laitière et bovine. » Les regards sont notamment tournés vers le Moyen-Orient, où l’arrêt de l’irrigation fin 2016 pourrait doper les importations de 1,5 Mt de luzerne, d’après lui.
« Le marché pourrait se tendre d’ici la fin de campagne »