La forte récolte de pommes dans l’UE en 2018 « pèse sur les exportations françaises, voire sur le marché intérieur », constate le service de statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) dans une synthèse le 6 mai. « Sur les sept premiers mois de la campagne (août 2018-février 2019 ; Ndlr), les exportations de pommes françaises chutent, particulièrement vers l’UE, tandis que les importations s’accroissent », ajoute le service de statistique. Les exportations françaises baissent « de 27 % sur un an » à 257 739 tonnes, un volume « inférieur d’un tiers au niveau moyen atteint sur les cinq dernières campagnes », précise Agreste.
La variété Gala « est la principale touchée » en raison « de la saturation du marché européen », tandis que les principales chutes de volumes concernent l’Allemagne (-60 % sur un an) et la Belgique (-64 %), « les principaux clients de la France dans l’UE », mais aussi les Pays-Bas (-34 %) ou le Royaume-Uni (-24 %). Les exportations vers les pays hors-UE sont également en baisse de -9 % à l’exception notable de celles à destination de la Chine qui ont été « multipliés par sept en un an » après « une baisse de 40 % l’année précédente ».
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Les importations en volume venant de l’UE ont, elles, « augmenté de deux tiers par rapport à la campagne précédente », notamment en provenance de Pologne (multiplié par 11 sur un an) mais aussi d’Italie (+80 % sur un an) ou de Belgique (multiplication par deux). « En 2018, l’industrie de la transformation s’approvisionne préférentiellement sur le marché européen, notamment en pommes polonaises, en raison de la faiblesse de leurs cours », note Agreste.
La Pologne est devenue en 2018 le premier producteur européen de pommes (4,5 M tonnes, +56 % sur un an), après une production 2017 marquée par des épisodes de gel, dans un contexte de « forte croissance » de la production européenne (12,6 M tonnes, +36 % sur un an). La production française (1,4 M tonnes) est en recul de 1 % sur un an. Conséquence notamment de la baisse des exportations « l’excédent commercial français en pomme se réduit de moitié en volume par rapport à 2017-2018 » et se réduit d’un tiers en valeur, constate Agreste.