Abonné

Volailles La production française de dinde baisse de plus de 6% par an depuis 2000

- - 4 min

Près d’un tiers de la capacité de production française de dinde a été perdu ces dix dernières années, entraînant une baisse de production de 6% par an en moyenne. Un effort d’ajustement de l’offre fait face à une demande en constante diminution. Tel est le bilan qui a été dressé lors de la Journée nationale des professionnels de la dinde, le 20 mai à Pacé près de Rennes.

Plus d’un tiers des exploitations de dindes ont disparu en l’espace de 5 ans, c’est ce qu’indiquent les tout premiers résultats de l’enquête Aviculture 2008 révélés lors de la Journée nationale des professionnels de la dinde le 20 mai près de Rennes. Une disparition qui a entraîné une chute de la production de viande de dinde de 340 000 tonnes équivalent carcasse sur les neuf dernières années, soit une perte de près de 45% des volumes produits. En 2009, la production s’établit à 421 390 tonnes produites. Elle ne représente plus que 23% de la production française de volailles tandis qu’elle était d’un peu plus d’un tiers en 2000. Cette chute spectaculaire de la production, l’économiste de l’Itavi (Institut technique de l’aviculture) Agnès Braine l’explique par l’adaptation de la production aux débouchés en diminution, essentiellement du côté des exportations.

La France en position de faiblesse face à l’Allemagne
Un repli important des exportations de viandes et de préparations s’opère en effet depuis 10 ans et se chiffre à plus de 182 000 tonnes équivalent carcasse. Pour la spécialiste de l’Itavi, ce phénomène trouve l’une de ses origines en Allemagne, un des principaux clients de la France. « En 2009, la part de la France dans les importations allemandes est de 9% contre 34 % dix ans avant. Ceci s’explique par le développement de la production allemande et des importations allemandes de produits brésiliens (49% aujourd’hui contre 9 % en 1999). » Outre ces causes, Gilles Drean, président du Cidef (Comité interprofessionnel de la dinde) explique la baisse des exportations en valeur par le fait que la France exporte moins de produits nobles qu’avant. Néanmoins, après dix ans de forte chute des exportations, 2009 a connu une embellie vers le marché communautaire.
En revanche, les importations de viande de dinde, elles, ont été multipliées par 5 en 10 ans. Elles proviennent essentiellement des Pays-Bas et de l’Allemagne, principaux pays européens importateurs de viande de dinde provenant des pays tiers. « Nous avons un petit espoir avec l’interdiction de faire des produits marinés à partir de produits congelés. Cela devrait rendre plus difficile les importations sur ces produits là », explique Gilles Drean. En attendant, c’est une baisse considérable de l’excédent commercial du secteur de la dinde que l’on constate en 2009 (168 millions d’euros contre 586 millions en 2000).
Sur le marché intérieur également, la demande fait défaut. Depuis 2001, le repli de la consommation de dinde a été chiffré à 2,3% tandis que celui-ci n’est que de 0,1% pour l’ensemble des volailles. Et en 2009, la dinde n’a pas bénéficié de la reprise de la consommation de volailles. « La baisse des prix des produits de dinde a été beaucoup plus faible que celle des poulets », explique la spécialiste de l’Itavi, ajoutant que la baisse du prix du porc a également pénalisé les achats de dinde.

Réintroduire les graisses animales pour être performant
Face à ces constats, la filière de la dinde entend donc améliorer sa compétitivité. « Il faudrait, dès janvier 2011, réintroduire les graisses animales pour améliorer les performances techniques en élevage de dinde », a déclaré le président du Cidef. Deuxième axe stratégique : la communication. « Il faut refaire parler de la dinde car on a une consommation qui perd pied par rapport à la consommation de poulet », a expliqué Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef. Enfin, la filière française de la dinde n’entend pas se résigner au profit de sa voisine allemande. « Il y a du lobbying à faire au niveau politique pour mettre fin à cette concurrence déloyale. Il faut une harmonisation fiscale en Europe, a déclaré Gilles Drean. Et cela ne concerne pas uniquement la dinde mais l’ensemble des produits carnés. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.