Abonné

Elevage porcin La production française doit investir pour retrouver sa compétitivité

- - 3 min

La filière porcine française n’est pas encore complètement dépassée par ses concurrents, mais elle voit sa compétitivité sur le marché international chuter. Pour relancer la filière, l’Institut du porc recommande des investissements (restructuration, modernisation) et un allègement des contraintes réglementaires qui pèsent sur le secteur.

«La filière porcine est, en France, moins rentable qu’en Allemagne ou en Espagne – ses principaux concurrents européens », ont prévenu les économistes de l’institut du porc lors d’une conférence de presse organisée au Space (salon de l’élevage à Rennes) le 11 septembre. Depuis dix ans, la production de porc stagne en France alors qu’elle progresse en Espagne, en Allemagne et au Danemark. Et cette situation s’accompagne d’un arrêt de la modernisation des élevages français dont les investissements productifs sont devenus très faibles du fait de la crise que traverse le secteur.

Distorsions de concurrence

Christine Roguet, spécialiste de l’économie des élevages à l’institut du porc, estime que « la France fait des efforts considérables pour respecter les normes environnementales, et est bloquée par des réglementations qui l’obligent à mettre en œuvre des moyens plutôt qu’à obtenir des résultats ; ces contraintes coûteuses freinent les investissements au point de dégrader les performances et la compétitivité ». Sur l’environnement (application de la directive nitrates, directive cadre sur l’eau…), les charges sociales ou encore l’alimentation animale (interdiction des graisses animales, OGM…) la France est touchée par des distorsions de concurrence.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Moderniser l’outil de production

Avec un coût de revient de 1,35 euro/kg de carcasse, la production hexagonale est pourtant dans la moyenne européenne, au même niveau que le Danemark et moins cher que l’Allemagne. Seulement, le Danemark avec une excellente productivité du travail (grâce à la forte concentration de la production) et l’Allemagne, où le cours de la viande de porc est élevé, sont plus rentables pour les exploitants que la France qui valorise mal sa production auprès de la distribution. Et les partenaires européens ne sont plus les seuls concurrents. Le Brésil et surtout les Etats-Unis sont devenus d’importants exportateurs. En 2007, les importations dans l’UE en provenance des États-Unis ont progressé de 70% par rapport à 2006. Le changement de génération qui se prépare dans la production porcine doit donc être l’occasion de moderniser l’outil de production et de restructurer le secteur (concentration, mutualisation de services…). Une mutation d’autant plus urgente qu’un accord à l’OMC pourrait encore un peu plus ouvrir le marché européen au porc américain.