De mois en mois, le CIC livre des prévisions de récolte pour 2008 toujours plus élevées car les conditions climatiques restent bonnes à peu près partout dans le monde. Cela ne devrait pas empêcher le marché de rester tendu : en maïs, le bilan mondial s’annonce déficitaire.
Quelque 650 Mt. Il s’agit de la dernière prévision du CIC (Conseil international des céréales) concernant la production mondiale de blé 2008, publiée le 30 mai. C’est un chiffre record, en hausse de 5 Mt par rapport aux prévisions du mois d’avril et de 7,6 % par rapport à 2007. Le CIC ne s’est jamais montré aussi optimiste. Le conseil attend des récoltes en hausse chez l’ensemble des principaux exportateurs à l’exception de l’Australie. Les pluies ont amélioré les perspectives tant dans l’Union européenne, qu’en mer Noire ou aux Etats-Unis. Dans ce pays, les surfaces devraient progresser de 5,4 % par rapport à 2007, montant à près de 26 millions d’hectares, la plus haute valeur enregistrée depuis 10 ans. Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, des zones structurellement importatrices, les perspectives de récolte sont toutefois revues à la baisse. Quoi qu’il en soit, la production mondiale en hausse devrait largement permettre de satisfaire les besoins du globe, qui monteraient à 632 Mt, contre 612 Mt en 2007. La cherté du maïs devrait pousser à la hausse les utilisations du blé en alimentation animale.
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Des stocks encore à plat
Toutes céréales confondues, « la situation devrait rester tendue, aucun mouvement de hausse n’étant attendu dans les stocks de fin de campagne », signale malgré tout le CIC. La faute au maïs, première céréale cultivée sur la planète, dont le bilan mondial deviendrait largement déficitaire. Alors qu’à respectivement 777 Mt et 773 Mt, consommation et production se sont quasiment équilibrées sur 2007/2008, le conseil prévoit pour 2008/2009 une production de 763 Mt pour des besoins s’élevant à 786 Mt. « Cet accroissement anticipé est entièrement du à la hausse attendue de la demande industrielle », explique le CIC. Celle-ci grimperait à 199 Mt contre 169 Mt la campagne passée, représentant 25 % des utilisations globales du maïs. L’essentiel, 117 Mt, doit servir à fabriquer de l’éthanol, destiné pour une bonne part au marché américain. Dans ce contexte très tendu, les stocks mondiaux de maïs descendraient à 95 Mt, leur plus bas niveau en 25 ans. Cela ne sera pas sans influence sur les échanges mondiaux : « Le commerce des grains sera moindre qu’en 2007/2008, les hausses observées concernant les chargements d’orge ou de blé étant largement effacées par les chutes en maïs et sorgho », envisage le CIC.