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UE/Qualité/Vin La profession se satisfait du bout des lèvres de la future règlementation qualité

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« Nous ne réagirons officiellement que le 8 décembre 2010, c’est à dire après que la Commission européenne aura présenté publiquement ses propositions sur la future politique européenne de qualité ». Plus réservée que les producteurs et les coopératives agricoles de l’UE – qui se sont déjà « réjouies » du fait que le projet de texte qui a circulé dans la presse prévoit « de séparer les dispositions sur les vins et les spiritueux des autres appellations » – l’industrie du vin estime que d’ici le 8 décembre « les choses pourraient bouger et que l’on n’est pas tout à fait à l’abri de modifications de dernière minute ». Cela ne l’empêche pas toutefois de se féliciter discrètement des intentions de l’Exécutif européen.

« Dans le doute nous préférons réserver nos réactions au 8 décembre. D’ailleurs comment pouvons-nous prendre position sur des propositions qui n’existent pas ? ». Au motif que les discussions interservices à la Commission européenne sur les projets de règlements et lignes directrices en matière de qualité des denrées alimentaires (1) ne sont pas encore terminées et que certains Etats membres pourraient revenir à la charge, la Confédération européenne des entreprises de vins (CEEV) s’est appliquée à faire preuve de prudence en ne se prononçant pas encore sur le sujet contrairement aux producteurs et coopératives agricoles de l’UE. Le Copa-Cogeca ne s’est pas en effet embarrassé des mêmes scrupules que l’industrie et s’est tout de go « réjoui » que la Commission ait eu la bonne idée de « séparer les dispositions sur les vins des autres produits d’appellation et de proposer une simplification des procédures pour les producteurs ». Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogeca, a même précisé qu’il se « réjouissait du fait que les dispositions sur le vin, les boissons spiritueuses et les vins aromatisés resteront séparées de la législation communautaire sur les indications géographiques qui protège les spécialités régionales de haute qualité des produits d’imitation. Cela correspond à notre position ». Il a également salué le fait que la Commission ait également « consenti de nombreux efforts afin de réduire la charge administrative pour enregistrer les produits dans le cadre de la législation sur les IGP, en réduisant par exemple la procédure d’enregistrement ». Il a également relevé le rôle et les responsabilités des groupes de producteurs dans la gestion des IGP « qui ont été reconnus pour la première fois. C’est un pas en avant », a-t-il souligné. Toujours est-il que, en privé, l’industrie du vin se montre, elle aussi, satisfaite de voir que la Commission a eu « la sagesse » de ne pas remettre sur la table le secteur du vin qui vient de subir une réforme il y a à peine deux ans. « Cela nous convient parfaitement mais nous ne réagirons officiellement qu’en présence de la dernière version des propositions de la Commission européenne », a expliqué brièvement à Agra alimentation, Sylvain Naulin, responsable du commerce extérieur à la CEEV.

Que changera le projet de règlement sur la qualité des denrées alimentaires ?
Si l’on se limite aux principales mesures qui seraient introduites dans le futur règlement sur la politique européenne de qualité des denrées alimentaires et notamment celles qui concernent les AOP et les IGP, celles-ci proposeraient de rapprocher davantage la définition des IG des définitions internationales (définition compatible avec l’accord « TRIPS »- Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce- et définition plus stricte pour les IG), de clarifier les différences entre les noms génériques et les trademarks, d’améliorer la procédure d’enregistrement des AOP/IGP (procédure plus courte), de clarifier le rôle des Etats membres dans la protection administrative et les types de contrôles (vérifications de conformité), de protéger les appellations enregistrées dans l’Union européenne, de simplifier les procédures avec plus de flexibilité accordée aux Etats membres en ce qui concerne les périodes de transition (jusqu’à 15 ans), périodes plus courtes pour les analyses de la Commission (2 mois), pour les objections (2 mois aussi) et pour régler les désaccords (3 mois) et enfin de réserver un rôle plus important pour les organisations de producteurs et les organisations interprofessionnelles.

(1) Les textes que va présenter la Commission comprennent une proposition de règlement améliorant les dispositions législatives actuelles sur la qualité, une proposition de modification d’un règlement de 2007 sur l’organisation de marché unique concernant les normes de commercialisation, des lignes directrices pour le fonctionnement des régimes de certification ainsi que des lignes directrices pour l’étiquetage des produits alimentaires contenant comme ingrédients des IGP et des AOP.

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