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Porc La puissance allemande auscultée au Marché du porc breton

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L’essor de l’industrie allemande du porc ne semble pas devoir s’arrêter. L’assemblée générale du marché du porc breton a été l’occasion de l’analyser. Le développement des abattages outre-Rhin reconfigure la production porcine de l’Europe entière.

A l’occasion de l’assemblée générale du marché du porc breton (Plérin, Côte d’Armor), Bert Van Meer, un des dirigeants de l’opérateur néerlandais Topigs International, grand spécialiste de la génétique porcine, a dressé un saisissant portrait de l’Europe du cochon (250,6 millions de têtes en 2009) qui se traduit par de rapides restructurations. En son centre rayonne l’Allemagne, dont la croissance est tirée par le dynamisme de ses abatteurs. Tonnies, Vion et Westfleisch abattent la moitié des 56,2 millions de porcs traités en 2009. Ils écoulent 50 % de leur production sur leur marché domestique constitué de gros consommateurs de viande de porc (50 kilos par an et par habitant contre 33 en France), et exportent l’autre moitié. Ils possèdent un avantage régulièrement contesté en Europe : des coûts industriels bas, grâce à l’emploi d’une main-d’œuvre payée peu cher.
Les capacités de l’industrie porcine allemande sont telles que la production domestique ne suffit pas à remplir ses usines. Il lui faut importer des porcs charcutiers en vif (4 millions), voire des porcelets (9 millions venus des Pays-Bas et surtout du Danemark) que ses producteurs engraissent dans de grands ateliers. Ce qui entraîne une modification en profondeur de la filière porcine de ses voisins. La spécialisation entre les naisseurs d’un côté, les engraisseurs de l’autre s’impose comme le modèle du Danemark et des Pays-Bas qui augmentent fortement leurs exportation de porcelets. Corollaire, leurs abattages sur place se réduisent. Ce mouvement pourrait ne pas s’arrêter tout de suite. Le volume de viande produit par l’Allemagne correspond aujourd’hui à 110 % de sa consommation. Au vu des capacités industrielles de ses opérateurs, « il pourrait atteindre 120 puis 140 % à moyen terme », selon l’expert néerlandais.

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