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Eau La qualité de l'eau en France ne répondra pas aux objectifs européens 2015

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Lors du colloque sur la rénovation du modèle français de l'eau qui se tenait à Paris le 15 janvier, plusieurs élus et représentants de l'Etat ont affirmé que la France n'atteindrait pas les objectifs européens de 2015 sur la qualité de l'eau.

«N OUS n'atteindrons pas les objectifs fixés par la directive européenne cadre sur l'eau en 2015 qui prévoit l'atteinte du bon état des masses d'eau », a déclaré Sophie Auconie, co-présidente du Cercle français de l'eau (professionnels et élus), lors d'un colloque à Paris, le 15 janvier. Plusieurs raisons sont évoquées. Pierre Roussel, président de l'Office international de l'eau, analyse : « Dans la déclinaison nationale de la directive européenne, nous avons fixé des objectifs élevés qui ne seront pas atteints. D'autres pays ont affiché beaucoup moins d'ambitions... nous ne sommes pas les plus mauvais élèves ». Il cite l'Espagne, le Portugal, la Belgique et la Grèce dont les déclinaisons nationales fixent des objectifs a minima. Pour rappel, la France s'était fixé pour objectif le bon état de deux tiers des masses d'eau. Et selon le Commissariat général du développement durable (CGDD), seules 40% des masses d'eau étaient en bon état en 2009 (voir graphique). Bernard Cressens, président du Comité français de l'Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le rejoint : « Sans doute que les objectifs étaient trop ambitieux. Mais nos connaissances sont reconnues. La France est plutôt bonne ».

L'agriculture doit choisir : pollueuse ou sauveuse ?

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Parmi les raisons évoquées pour expliquer le retard français dans la réalisation de ses objectifs, le rôle des agriculteurs est revenu plusieurs fois au cours des différentes tables rondes. « Le principe pollueur-payeur doit fonctionner », explique Bernard Cressens, comparant l'agriculture au monde de l'industrie qui, selon lui, a fait des efforts. Il enchaîne : « L'agriculture intensive détruit la biodiversité. L'agriculture intégrée ou biologique peut permettre de retrouver une bonne qualité des eaux ». Par ailleurs, pour parvenir à reconquérir la bonne qualité des eaux, Laurent Roy, directeur de l'eau au ministère de l'Ecologie, a insisté : « Les objectifs des différentes directives européennes (directive cadre sur l'eau, directive habitat, directive Natura 2000…) sont convergents. Mais leur mise en œuvre reste en tuyaux d'orgue. Nous sommes pour la convergence des textes. Cela se traduit par différents chantiers comme celui de l'Agence française de la biodiversité ». De fait, cette agence réunira la biodiversité terrestre et la biodiversité marine.

(1) La directive du 23 octobre 2000 adoptée par le Conseil et par le Parlement européen définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique au plan européen