Malgré une fin de récolte difficile au Nord et l’Est de la France, la qualité du blé français en 2005 est jugée très bonne. Le taux de protéines notamment atteint une moyenne de 12,3 % selon l’Office des céréales. La qualité est là. Dommage que les prix ne suivent pas, la campagne commerciale ayant particulièrement mal démarrée.
Comme chaque année, l’office des céréales a publié son bilan sur la qualité des blés français. Sur les 35 millions de tonnes de blé récoltées en 2005, 30 millions de tonnes ont été répertoriés en classe E et 1, c’est-à-dire de qualité supérieure ou exceptionnelle. Neuf millions de tonnes sont en classe E, un niveau jamais atteint. Le taux de protéines moyen est de 12,3 %, proche du record de 2003. Les taux sont très homogènes d’une région à l’autre. Au total, trois tonnes sur quatre affichent un taux de protéines supérieur à 12 %.
Le poids spécifique (PS) moyen de la récolte 2005 est, quant à lui, de 76,6 kg/hl, en baisse par rapport à l’an passé, avec un gradient Nord-Sud très marqué : les PS s’échelonnent de 72,9 à 80,1 kg/hl selon les régions. En raison des pluies qui ont retardé la récolte, une tonne sur dix se situe au-dessous de 73 kg/hl, donc non-interventionnable. « Ce volume à faible PS sera aisément absorbé par l’alimentation animale qui utilise 10 millions de tonnes chaque année », considère l’Onic. « L’Allemagne et le Royaume-Uni sont beaucoup plus touchés par ce problème de mauvais poids spécifiques que la France», souligne Bruno Hot, directeur général de l’Onic. L’indice de chute de Hagberg, qui mesure la qualité panifiable plus ou moins affectée par la présence de grains germés, est jugé « remarquable ». 67 % de la récolte dépassent les 300 secondes, contre 60 % en 2004. Enfin, avec une moyenne de 13,3 %, la teneur en eau est idéale pour une bonne conservation des grains.
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Démarrage de commercialisation ralenti
La campagne commerciale a démarré très timidement. Si les opportunités sur le marché intra-européen existent, en revanche, la campagne d’exportation vers les pays tiers a démarré très timidement. Les blés d’origine mer Noire ont été présents dès le début de la campagne, avec des prix très bas. Les écarts de prix constatés, de l’ordre de 30 $/t, sont aggravés par la faiblesse du dollar face à l’euro. « Les Russes ont récupéré les marchés. Ils ont été présents tout l’été, alors que la Commission n’a octroyé que de faibles volumes de certificats, à des niveaux trop faibles pour être compétitifs», a expliqué Bruno Hot. Au lieu de 4 ou 6 euros/tonne de restitution, comme il est attribué actuellement, les traders jugent qu’il faudrait 10 à 12 euros/tonne pour être compétitifs.