Avec la multiplication des accords de libre-échange négociés par l’UE, le secteur de l’élevage bovin est de plus en plus menacé. Plusieurs études récentes arrivent à des conclusions proches, recommandant de mieux valoriser les filières de qualité européennes.
L’élevage bovin européen, extensif en particulier, est parmi les plus menacés par les accords de libre-échange que Bruxelles négocie ou finalise actuellement. Une récente étude réalisée pour le Parlement européen par l’université de Wageningen fait le constat de la difficile situation dans laquelle se trouve le secteur : un revenu des producteurs de viande qui dépend pour plus de 100 % des aides européennes (contre 70 % pour le lait), une consommation intérieure en baisse continue et des grands pays exportateurs nettement plus compétitifs. Autre défi : plus les exploitations sont petites et spécialisées plus elles sont vulnérables, mais dans le même temps, la concentration des fermes d’engraissement pose de plus en plus de problèmes liés à l’environnement. Heureusement, précise l’étude, l’élevage bovin présente un avantage important sur le secteur laitier par exemple : la relative stabilité des prix. Son autre atout : la demande croissante en produits de qualité venant d’Asie. Une partie de son salut passe donc par le développement de filières de qualité. Dans leurs conclusions, les auteurs adressent donc trois grandes recommandations: dans le cadre des aides de la Pac, accorder une prime aux systèmes basés sur l’herbe ; augmenter la transparence du marché ; et enfin bien différencier les produits avec des initiatives par exemple sur le bien-être animal qui pourraient améliorer leur image, couplées à des actions de promotion sur le marché international.
Segmentation du marché et contractualisation
Le 21 mars, le think tank agricole Farm Europe a présenté lors d’une conférence qu’il organisait au Parlement européen sur l’avenir du secteur allaitant une série de recommandations pour lui redonner des perspectives. Et le constat est sensiblement le même. Par rapport aux autres activités d’élevage, cette filière a un certain nombre de caractéristiques qui la rendent particulièrement fragile, analyse Farm Europe : marges très faibles, niveau de profitabilité bas et compétitivité importante sur le marché international. Pourtant, ce secteur occupe une place centrale dans certaines régions où il constitue la seule activité agricole possible, principalement en Irlande, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie et Pologne. Une segmentation claire du marché est préconisée avec une entrée de gamme constituée de la viande d’animaux laitiers principalement, un cœur de gamme avec de la viande issue du cheptel allaitant et un haut de gamme avec des produits signes de qualité. Le think tank propose également une révision du droit de la concurrence via, notamment, l’extension du paquet lait au secteur viande. Ce qui est possible à court terme dans le cadre du règlement omnibus en cours de négociation (1).
Enfin, une étude publiée le 1er mars par l’Institut pour des politiques européennes environnementales (IEEP) propose pour sa part une voie légèrement différente pour aider le secteur face à l’ouverture des marchés : « Il faut établir des profils complets et bien établis des différents systèmes de production animale, et des mesures de soutien pour les systèmes produisant des avantages publics clairs ». Mais là encore, il s’agit bien de soutenir plus efficacement les filières de qualité.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les récentes révélations sur le secteur de l’élevage brésilien, devraient encore encourager ce mouvement (2).
(1) Voir n° 3587 du 20/03/2017
(2) Voir même numéro