Abonné
Les tensions sur les matières premières d’origine marine tendent à se généraliser et à provoquer des niveaux de prix record en 2010-2011, redoutent les transformateurs français regroupés dans Adepale (1). La demande en poissons et produits de la pêche de toutes espèces ne cesse d’augmenter sur le marché communautaire comme sur le marché mondial, traduisant l’intérêt des consommateurs pour les aliments d’origine marine et pour des protéines à coût abordable.
A l’inverse, la ressource en poissons de pêche ne peut être exploitée que dans certaines limites, et l’élevage marin, de son côté, est tributaire de la disponibilité des sites de production, et, selon les espèces, des aliments marins (farines de poissons). Pour mieux encadrer l’exploitation des stocks mondiaux des mesures de gestion gouvernementales ou intergouvernementales se multiplient, de même que des labellisations environnementales, note Adepale, ce qui se traduit en pratique par :
– des réductions drastiques de certains quotas de pêche, des fermetures zonales ou temporelles (moratoires) ;
– l’amélioration de la sélectivité des engins de pêche, qui ne va pas sans une baisse des rendements ;
– le développement de l’éco-labellisation, qui encadre de manière de plus en plus stricte les pêcheries certifiées : les quantités certifiables restent limitées alors qu’elles font l’objet d’une demande accrue ;
– l’entrée en vigueur, pour l’UE, du régime de la certification des captures et d’un régime renforcé de contrôle des pêches, qui pèse sur la chaine d’approvisionnement.
Par ailleurs, note Adepale, il y a des cas de pêcheries ou de zones d’élevage en grave déficit intrinsèque (ex. anchois du Maroc, saumon du Chili) alors que les possibilités de substitutions peuvent entraîner des frais douaniers importants, en raison de la sortie du cadre des régimes à taux préférentiels. Aussi, les industriels acheteurs de matières premières sur les marchés mondiaux se trouvent confrontés à une forte concurrence aux achats de la part des industries des autres continents (Asie, Amérique, marchés émergents), elles mêmes désireuses d’alimenter leurs propres consommateurs. Ce phénomène de « ciseaux », entre des disponibilités limitées et des marchés en expansion, a un fondement structurel, préfigurant une situation durable de déficit de la ressource par rapport aux besoins du marché.
Dans ces conditions, l’offre tendant à se réduire, les industriels se doivent donc de prévoir des hausses généralisées et durables des coûts de leurs matières premières, et même d’intégrer dans certains cas des risques de ruptures d’approvisionnements.
(1) Les métiers de la transformation du poisson rassemblés au sein de l’Adepale (fabricants de conserves de poissons, de semi-conserves d’anchois, de surimi, de saumon et truite fumés, de crevettes cuites, et de produits traiteurs de la mer) représentent un CA cumulé de près de 2 milliards d’euros et environ 8 000 emplois directs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre