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Céréales La recherche agronomique doit être à l’écoute du terrain

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Les contraintes environnementales croissantes posent problème à la filière céréalière. Ses attentes vis-à-vis de la recherche sont fortes, comme l’a montré une conférence organisée par l’Inra le 2 mars au Salon de l’agriculture. Mais les solutions sont peu évidentes à trouver.

Nouvelles attentes… Mais aussi nouvelles questions. D’accord, « il est attendu que nos producteurs réduisent leur impact sur l’environnement », comme l’a rappelé Joël Abecassis, ingénieur de recherche à l’Inra, lors d’une rencontre organisée par l’institut le 2 mars dans le cadre du Salon de l’agriculture. Mais comment vont-ils s’y prendre ? Pour la seule filière céréalière, de nombreuses questions se posent. Celles-ci sont probablement d’autant plus nombreuses que les prix sont bas et la concurrence internationale sévère. Pour Jean-Pierre Langlois-Berthelot, président de France Export céréales, un sérieux coup de pouce de la recherche serait nécessaire pour permettre au blé français de mieux se placer à l’export. Ce débouché qui absorbe environ la moitié de la production française reste très disputé et instable. Au Moyen-Orient, en Arabie Saoudite, au Nigeria et en Amérique Latine, qui ne sont pas des utilisateurs habituels, « nos parts de marché pourraient être améliorées », a notamment souligné le producteur. Sauf que pour y parvenir, la qualité des blés hexagonaux doit progresser. Quels sont les points qui pêchent ? L’humidité, facteur de conservation et de compétitivité économique, souvent trop forte dans les blés français, le poids spécifique, critère utilisé dans le commerce international mais qui défavorise les blés hexagonaux, ou la teneur en protéines, trop souvent en retrait par rapport aux autres origines.

Miser sur l’ « ingénierie reverse »
« La variabilité interannuelle de la qualité est un problème, comme l’hétérogénéité des lots », a remarqué Jean-Pierre Langlois-Berthelot. Quelles réponses apportées à ces questions très concrètes ? Pour Monique Axelos, chef de département à l’Inra, « l’ingénierie reverse » peut représenter une solution. Il s’agit de « s’appuyer sur une connaissance approfondie de la structure de la matière première en intégrant tous les outils technologiques ». Pour améliorer l’efficacité énergétique du fractionnement du grain dans un moulin, la chercheuse a par exemple tenté de comprendre avec ses équipes la façon dont les enveloppes du grain étaient liées entre elles. Objectif : sortir d’une coûteuse stratégie d’essais/erreurs pour avancer plus vite. Un travail de longue haleine. Au plan de l’amélioration de l’itinéraire cultural, des solutions existent afin de mieux respecter l’environnement : emploi de variétés rustiques, allongement des rotations, changement de pratiques… Mais « l’intérêt économique pour le producteur de la réduction d’intrants dépend des prix des produits agricoles et de ceux des intrants », a souligné Jean-Pierre Butault, chercheur en économie à l’Inra. Pas de solution miracle, donc. Pour Marie-Hélène Jeuffroy, chercheuse à l’Inra de Grignon, « il y a un gros travail à faire, où il faut associer tous les acteurs de la filière ».

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