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Maïs A la recherche d’une alternative à la suppression de l’intervention

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Suite à la forte opposition, lors du Conseil agricole du 29 janvier , contre la proposition de la Commission européenne d’abolir dès cette année les achats publics sur le maïs, les experts agricoles des Vingt-sept à Bruxelles recherchent une solution transitoire moins brutale pour faire face aux difficultés rencontrées sur ce marché. Une majorité d’Etats membres pourrait se ranger à l’idée d’un plafonnement de l’intervention mais sans réduction de prix. Une réunion du Comité spécial agricole de l’Union (CSA) doit se pencher le 5 mars sur ce dossier.

Lors d’une récente réunion du groupe « grandes cultures » du CSA, de nombreux pays ont reconnu l’existence d’un problème à moyen terme sur le maïs, certains d’entre eux mettant l’accent sur le fait qu’il s’agit avant tout d’un problème structurel et non conjoncturel. Ces pays ont notamment fait valoir que les stocks globaux de maïs diminueront grâce aux débouchés offerts par la production de bioéthanol et d’aliments pour animaux. Selon la Belgique et les Pays-Bas, les stocks devraient commencer à se stabiliser en 2011.

La Hongrie se défend

Les pays producteurs de maïs ne sont pas d’accord avec l’analyse de la Commission selon laquelle, faute d’une modification du système actuel d’intervention, les stocks continueront d’augmenter de manière considérable. La Hongrie a contesté produire du maïs avec le seul objectif de le vendre à l’intervention, tandis que la Roumanie a souligné que ses producteurs avaient l’opportunité de bénéficier de débouchés commerciaux grâce à des capacités appropriées de transport.

Quatorze Etats membres ont marqué leur opposition à la suppression de l’intervention, en soulignant notamment la stabilité de ce système et la protection offerte aux producteurs et utilisateurs (Bulgarie, Hongrie, Portugal). La France, l’Espagne, la République tchéque, la Pologne et la Finlande ont déploré le caractère « trop radical et prématuré » de la proposition de Bruxelles.

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Quant au Royaume-Uni, à l’Allemagne, au Danemark et à la Suède, ils se sont montrés plutôt favorables à l’approche de la Commission, mais pas nécessairement à sa mise en œuvre dès cette année. La Suède ainsi que l’Italie ont estimé que l’intervention devrait être maintenue en 2007/08 mais supprimée à partir de la campagne 2008/09. L’Italie a suggéré l’introduction dans l’organisation commune de marché d’une base juridique qui permettrait à la Commission d’adopter des mesures lorsque surviennent des problèmes graves sur le marché.

Les différentes options étudiées

Parmi les différentes options étudiées, c’est le plafonnement de l’intervention qui a obtenu le soutien le plus large. Quatorze Etats membres (Belgique, France, Allemagne, Italie, Lituanie, Hongrie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie, Slovaquie, Finlande et suède) sont prêts à recourir à cette option. L’Espagne, la Hongrie et la Pologne sont favorables à une répartition nationale tenant compte de la production de maïs par rapport aux autres céréales et prévoyant une distribution des quotas en fonction de la localisation des producteurs de maïs.

La Belgique et les Pays-Bas ont insisté sur le caractère temporaire d’une telle mesure. Enfin, le Royaume-Uni et l’Autriche ont fait valoir que de grandes quantités seraient fournies en début de campagne à l’intervention, ce qui n’irait pas sans provoquer ultérieurement des difficultés. En revanche, seul un petit nombre d’Etats membres semble prêt à soutenir les options suivantes : réduire le prix d’intervention pour le maïs, prévoir une période d’intervention plus courte et appliquer une période de transition avant la suppression de l’intervention.