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Recherche La recherche publique, regards croisés entre France et Etats-Unis

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Aux Etats-Unis comme en France, la recherche publique est consciente de la nécessite de produire plus et mieux dans les décennies à venir. Pour Roger Beachy, directeur de l’institut de recherche en agriculture de l’USDA, seuls les OGM peuvent relever ce défi.

«Chaque milliard d’excédent agricole de la balance commerciale c’est 8 400 emplois ruraux », a indiqué, le 3 mai, Roger Beachy, directeur du National Institute of Food and Agriculture (Nifa) de l’USDA, invité à échanger avec François Houllier, directeur général délégué scientifique de l’Inra, sur l’innovation en agriculture. « Les biotechnologies vertes vont être un vecteur important d’emplois dans l’avenir d’autant que le secteur secondaire en a perdu beaucoup ces dernières années », a-t-il souligné. « Si on n’utilise pas nos inventions ce sont les autres qui vont s’en saisir. C’est pourquoi il faut pousser la science car cela demande 15 à 20 ans pour qu’une recherche arrive chez le consommateur. Pour nous, les semences améliorées sont la clef », estime le chercheur américain. « En France, notre perception du rôle que peut jouer la bioéconomie est peut-être moins développée qu’aux Etats-Unis », reconnaît François Houllier.

Produire plus

Pourtant le constat est le même entre les deux chercheurs : dans l’avenir il faudra produire plus et mieux, en préservant l’environnement. Selon Roger Beachy, il faudrait un gain de productivité de 1,7% par an pour nourrir le monde en 2050. Or, aujourd’hui, ce gain annuel est d’environ 1,4%. Mais il est différent selon les régions : +2,4% au Brésil, +1,7% aux Etats-Unis, +0,6% en Russie, par exemple. « C’est là où la population mondiale augmente le plus que les gains de production sont les plus faibles », résume-t-il. Biologiste de formation, il croît beaucoup aux OGM pour répondre à ce défi. La France qui a été parmi les pionniers en matière de transgénèse (technologie à la base de la création des OGM) ne cultive pas de plantes génétiquement modifiées. « Mais – paradoxalement – le Grenelle de l’environnement a entrainé un regain d’attente vis-à-vis de l’innovation végétale (notamment pour réduire l’usage des pesticides) », note François Houllier. « Aujourd’hui, nous cherchons des solutions pour éviter les contaminations entre filières. La science peut apporter des réponses à la coexistence entre cultures », assure, confiant, Roger Beachy.

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