Les cabinets ODA et Agritel ont chiffré le 6 juillet la récolte de blé à respectivement 35 Mt et 37,26 Mt cette année en France, touchée par les intempéries au printemps. Si une baisse de volume est annoncée, la prudence reste de mise sur le plan qualitatif.
La récolte de blé tendre est attendue en baisse de près de 10 % en 2016 après les intempéries du printemps, a indiqué Agritel. La société de conseil évalue la moisson à 37,26 millions de tonnes au 25 juin 2016, en baisse de -9,2 % par rapport au record de l'an passé où la France avait produit quelque 41 millions de tonnes. « Cette année les céréaliers français ont une quadruple punition : de mauvais rendements, une qualité en baisse, des prix bas et une concurrence internationale exacerbée, ce qui laisse augurer de gros problèmes de trésorerie », souligne Michel Portier, directeur d'Agritel.
Cependant « l'importante surface cultivée, évaluée à 5,25 millions d'hectares, permet de compenser une partie de la forte baisse de rendement attendue », précise M. Portier. En effet, si les comptages réalisés à travers les principales régions productrices de France permettent « d'estimer un potentiel de rendement à 7,09 t/ha, soit une baisse de -10,4 % par rapport au record de l'an dernier », pour Agritel, « conjuguée à des surfaces de blé tendre au plus haut depuis plus de 80 ans », cela « permet à la production prévisionnelle de rester supérieure de +0,8 % par rapport à la moyenne de ces 5 dernières années ».
Les analystes d'Agritel ont réalisé leur enquête à travers 13 départements des régions Normandie, Picardie, Champagne-Ardenne, Bourgogne, Centre et Poitou-Charentes.
Une forte hétérogénéité
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Côté ODA, la récolte de blé en France est prévue à 35 millions de tonnes avec des rendements qui tendent vers « des écarts très importants ». « Le modèle rendement d’ODA, ajusté en tenant compte des résultats d'études menées auprès de ses adhérents, donne une production française de 35 Mt, selon un communiqué le 6 juillet. Des écarts très importants ressortent » d’une région à l’autre, les plus pénalisées étant le Centre, l’Est, le Nord et l’Ile-de-France au vu d’un comptage des épis et grains réalisé la semaine précédente.
« La qualité serait au rendez-vous dans tout le Sud et sur les façades Atlantique et de la Manche », alors qu’ailleurs, les blés sont souvent touchés par les fusarioses, ajoute ODA. « Rien n’est joué » dans ce domaine, précise la société de conseil : « il est toujours possible d’obtenir un PS acceptable ». Selon ODA, les zones de production tournées vers l’export pays tiers seraient « peu touchées », notamment car les fusarioses liées aux épisodes pluvieux n’y produisent pas de mycotoxines dangereuses grâce aux températures restées froides.
De « gros problèmes de trésorerie » en vue, selon Agritel