Abonné

La récolte de miel en 2015 enregistre un léger mieux

- - 4 min

La récolte française de miel en 2015 est estimée entre 15 000 et 17 000 tonnes. L’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) a jugé cette récolte « correcte ». Néanmoins, les importations sont toujours nécessaires pour satisfaire la demande intérieure.

« La récolte de miel est correcte », a déclaré Henri Clément, porte-parole de l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française), à Paris, le 10 mars. En 2015, la production de miel est estimée entre 15 000 et 17 000 tonnes (1). Il s’agit d’une augmentation : en 2014, la production avait été de moins de 10 000 tonnes. Pour certains miels, la récolte a même été « plutôt bonne ». « Bien que sujette à des intoxications, la récolte sur colza a été plutôt bonne », affirme l’Unaf. Henri Clément précise que ces dernières années, de nouveaux apiculteurs font leur apparition. « La tendance s’amplifie », souligne-t-il. Ainsi, les apiculteurs seraient plus de 70 000 en France en 2015.

Reprise conjoncturelle

Les raisons d’une meilleure production sont multiples. Les conditions climatiques ont été favorables, même si contrastées, dans plusieurs régions. Par ailleurs, « sur de nombreux terroirs, les abeilles ont bénéficié de miellat en grande quantité ce qui a permis une très bonne récolte de miel de forêt », selon l’Unaf. Enfin, la tendance positive se retrouve également au niveau des importations. Ces dernières ont diminué passant de 30 000 tonnes en 2014 contre 28 000 tonnes en 2015.

Crise structurelle

Malgré ce résultat positif, la filière est loin d’être satisfaite. La mortalité des abeilles est en moyenne de 30 %. « Il y a vingt ans, la mortalité des abeilles n’était que de 5 % », explique Gilles Lanio, président de l’Unaf. En outre, les récoltes ont chuté d’une manière préoccupante depuis 1995, qui enregistrait une production de 32 000 tonnes. Quant au nombre d’apiculteurs, il est passé de 85 000 en 1995 à 70 000 aujourd’hui. En outre, le nombre de ruches en France est passé de 1,35 million en 1995 à 1,25 million en 2015.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Avenir incertain

Le chiffre d’affaires apiculture est d’environ 130 M€ sans mesurer l’impact de la pollinisation qui représente 3 Mrd€ en France (source : Unaf).

De plus en plus, la demande de miel en France est satisfaite par des importations (voir graphique). Ce qui n’est pas sans poser de problèmes, rappelle l’Unaf. Il s’agit notamment de s’assurer de la qualité des productions importées, « principalement de Chine ». Henri Clément développe : « Dans beaucoup de pays, la production stagne sauf en Chine. En 2002, elle produisait 220 000 tonnes. Aujourd’hui, elle produit 500 000 tonnes. » L’Unaf est inquiète et s’interroge : « Il ne s’agit pas forcément de miels d’abeilles. Certains produits sont des miels artificiels qui n’ont pas la qualité attendue par les consommateurs français. » Pour valoriser la production française, le label Beefriendly, lancée en 2014, entend étiqueter le miel respectueux des pollinisateurs. « Depuis le lancement, on a créé la conversion à Beefriendly, car plusieurs coopératives nous expliquaient qu’il était trop compliqué, du jour au lendemain, de respecter le cahier des charges Beefriendly », explique Bertrand Auzeral, président de l’association Beefriendly. Ce cahier des charges, mis en place par des chercheurs de l’Inra, précise l’Unaf, contient notamment une liste noire de produits phytos à bannir des pratiques agricoles. « Des producteurs de pommes et des distributeurs (GMS) devraient rejoindre la démarche prochainement », ajoute Bertrand Auzeral sans encore dévoiler leurs noms.

(1) À propos des chiffres de l’Unaf et selon l’Unaf : « En raison du manque de fiabilité du système déclaratif de ruches, nous éprouvons des difficultés à disposer de statistiques sûres. En croisant différentes données, les chiffres suivants paraissent les plus pertinents. »