La récolte française de pommes de terre (hors pommes de terre de fécule et plants) était jusqu’à la mi-août estimée à 5,6 millions de tonnes (Mt), c’est-à-dire le milieu d’une fourchette de 5,3 à 5,9 Mt. Mais elle s’oriente maintenant vers la valeur basse, en raison des coups de chaleur du mois d’août, a indiqué l’Union nationale des producteurs (UNPT) fin août.
La réduction du rendement de pommes de terre a déjà été estimée au milieu du mois d’août à 10 % par rapport à la moyenne décennale, a commenté l’UNPT le 30 août. Le rendement a été en effet amoindri d’abord par les plantations tardives, puis par le mildiou et les inondations (1 % des surfaces de pommes de terre compromises). Cette réduction s’annonce plus importante du fait des températures élevées du mois d’août. Les à-coups de la végétation ont engendré des pommes de terre difformes ou crevassées, défauts que n’aiment pas les industriels de la frite et de la chips. Par ailleurs, le temps sec a amplifié l’hétérogénéité des rendements, selon que les surfaces sont irriguées (en général en Beauce, Picardie, Champagne) ou non (plutôt dans le Nord).
« Même si les pluies ont modérément fait leur retour localement, cela ne change pas fondamentalement la donne des rendements », a précisé l’UNPT le 6 septembre, après le passage d'ondées du début du mois. « En effet, de nombreuses parcelles sont maintenant en bout de cycle : soit défanées, soit récoltées. Seules les variétés les plus tardives pourront éventuellement bénéficier de ces quelques millimètres de pluie ». En revanche ce retour des pluies aura amélioré les conditions d’arrachage, « alors que les conditions étaient très sèches » encore la dernière semaine d’août, et que les teneurs en matière sèche des tubercules, parfois assez élevées, « représentent autant de risque de chocs à la récolte ».
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Le rendement érodé qui résulte de la moindre récolte évitera la surproduction qu’on pouvait attendre du fait de la hausse des surfaces de 5,3 % en France, a précisé Arnaud Delacour, président de l’UNPT. « L’Europe du nord-ouest (France, Belgique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne) aurait pu se trouver en surproduction d’un million de tonnes » (avec + 4,9 % de surfaces en Europe du nord-ouest), a-t-il évoqué. Il n’empêche que « l’Allemagne sera notre compétiteur, parce qu’elle n’a pas été touchée comme nous par les baisses de rendement ».
Un rendement amoindri d’abord par les plantations tardives, ensuite par le mildiou et les inondations et enfin par les coups de chaleur