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Méthode La reconquête de qualité de l’eau appelle une démarche multi-partenariale

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Les chambres d’agriculture et les Instituts techniques ont rendu publiques les conclusions de leur projet CasDAR « Gestion durable des ressources en eau ». Une étude qui fait le point sur la méthode à suivre afin de réussir à impliquer les agriculteurs dans la protection de l’eau. L’implication d’un maximum de partenaires dès le début des actions est un facteur primordial de succès. Les organisations agricoles doivent s’emparer rapidement de cette méthode pour répondre aux objectifs d’amélioration de la qualité de l’eau attendus dès 2015.

Les chambres d’agriculture (APCA) et les instituts techniques agricoles (réunis au sein de l’Acta) ont présenté jeudi 25 mars à Paris la synthèse du projet « Gestion durable des ressources en eau ». L’objectif de ce programme, financé à hauteur de 850 000 euros par le CasDAR (Compte d’affectation spécial pour le développement agricole et rural), était de dresser un état des lieux des expériences menées par les organisations agricoles en matière de protection des masses d’eau. Et d’identifier les facteurs de réussite des actions. Premier constat, pour que les initiatives emportent l’adhésion, la démarche est au moins aussi importante que les solutions techniques proposées. Diagnostic, plan d’action, évaluation des mesures : trois étapes à suivre impérativement. Et surtout, mener une démarche multi-partenariale. C’est ce qu’il ressort de l’enquête menée auprès de 57 chambres d’agriculture et 9 instituts techniques. « Cette approche globale est un engagement que prennent aujourd’hui les chambres d’agriculture, a lancé le président de l’APCA, Guy Vasseur, car les chambres sont des établissements publics qui doivent donc s’investir dans l’ensemble du milieu rural ».

Un diagnostic commun
« L’étape de diagnostic est très importante pour rassembler tous les acteurs autour de la table, témoigne Michel Lassimouillas, conseiller spécialisé en gestion de l’eau de la Chambre d’agriculture de Dordogne. On n’arrive pas à mener à bien une action si au départ on ne parvient pas à un consensus sur le diagnostic ». Cette étape permet de dresser un panorama exhaustif des productions et des pratiques à l’échelle d’un bassin versant et d’élaborer un plan d’action adapté au contexte local. La mobilisation des coopératives, du négoce ou encore des Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole) sert de « porte d’entrée » dans les fermes à la fois pour faire remonter les besoins et pour diffuser les bonnes pratiques. Ce travail concerté a permis au programme Eve (Eau Vendée environnement) de mobiliser 99% des exploitations du bassin versant pilote de la Bultière en 2008 et devrait être étendu aux quatre autres bassins sensibles du département (1 000 exploitations au total). Un autre élément important au succès est de mettre de la continuité dans l’action. « Il faut éviter les feux de paille », explique Michel Lassimouillas.

Des MAE inapplicables
Mais la réussite tient aussi au suivi des actions. Les mesures agro-environnementales (MAE) co-financées par l’Europe s’avèrent parfois inefficaces ou inapplicables localement. Comme le raconte, Pascale Nempont, spécialisé en gestion de l’eau à la Chambre régionale d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais : « Les MAE ne sont pas adaptées à la variété des productions de la région (légumes, plants de pommes de terres…). A laquelle s’ajoutent les exigences qualitatives des industriels agro-alimentaires. Dans le bassin versant Airon-Saint-Vaast, aucun agriculteur n’a signé de contrat MAE, car pour le respecter il faudrait faire de la monoculture de blé ! » Un travail de terrain et d’ajustement des dispositifs est donc souvent nécessaire.
Reste désormais à diffuser ce travail auprès des organisations agricoles. « Actuellement, avec la crise que traverse le secteur agricole, nous ne sommes pas dans une période très favorable pour discuter avec les exploitants de la mise en place de nouvelles pratiques », indique Sophie Vannier, chargée de mission « gestion de l’eau » à la Chambre d’agriculture du Vaucluse. Il faudra pourtant bien poursuivre les efforts. Car les schémas directeurs d’aménagement et de gestion de l’eau (SDAGE), adoptés en fin d’année dernière, ont fixé des objectifs ambitieux d’amélioration de la qualité de l’eau (voir encadré). Et des résultats sont attendus dès 2015.

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