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Colloque Sfer La réduction des pesticides essaie de se mettre en place concrètement

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De la mise en place des Cros à l’affichage environnemental prévu au 1er janvier 2011 sur les produits alimentaires, la réduction des pesticides voulue dans le cadre du Grenelle de l’environnement prend forme dans les esprits et sur le terrain… Mais de nombreuses questions restent posées.

Un peu plus à l’écart des projecteurs, le Grenelle de l’environnement poursuit sa route. Et avec lui, l’objectif de réduction des pesticides de 50 % « si possible », prévu dans le cadre du plan Ecophyto 2018. « Avec ce plan, nous parions sur une adhésion de la profession et des acteurs », a rappelé Emmanuelle Soubeyran, de la DGAL (Direction générale de l’alimentation du ministère de l’Alimentation), le 11 mars à Lyon, lors d’un colloque sur la réduction des pesticides agricoles organisé par la Sfer (Société française d’économie rurale). Mi-mars, les Cros (Comités régionaux d’orientation et de suivi du plan Ecophyto 2018) ont commencé à se mettre en place sous la houlette des préfets. Ceux-ci devraient associer tant des membres d’associations de consommateurs que les collectivités ou les agriculteurs. Même sujet mais autre angle : un affichage environnemental « multicritères » devrait s’imposer sur l’ensemble des produits alimentaires d’ici le 1er janvier 2011. « Il comportera obligatoirement une dimension “émission de gaz à effet de serre” », a souligné Martin Botzmeyer, du commissariat général au développement durable, au ministère de l’Ecologie, en précisant qu’il aurait également « une composante phytosanitaire ». Rien n’est encore calé sur le fond comme sur la forme. Etiquetage ou affichage sur le rayon, échelle graduée ou symbole…, les réflexions se poursuivent.

Financer les pertes de marges du monde agricole
Ces nouvelles mesures n’avancent pas sans difficulté. « Qui va financer au monde agricole les pertes de marge si les utilisations de produits phytos baissent au-delà de 20 % ? », a relevé une représentante de la Chambre d’agriculture de Rhône-Alpes. Les aspects économiques liés aux baisses de rendements et le temps de travail supplémentaire généré par la mise en œuvre de solutions alternatives posent problème dans les campagnes. Surtout alors que les producteurs souffrent tous d’une baisse de leurs revenus. Pour Martin Bortzmeyer, le sujet mérite un vrai intérêt : « La requalification environnementale des produits agricoles signifie-t-elle un renchérissement des produits ? Il faut que nous travaillions là-dessus », a-t-il précisé, évoquant la création de coupons alimentaires.

Définir des priorités
Plus généralement, la réduction des utilisations de phytos forme une problématique si large que la définition d’un ordre de priorité sur le terrain semble nécessaire, comme l’a souligné Philippe Reulet, de la DGAL. « 67 % de la pression pesticides provient des grandes cultures, a observé le spécialiste. Si l’on vise un objectif quantitatif, il faut d’abord porter l’action sur les céréales, d’autant plus que des solutions existent ». Mais si l’objectif porte sur le territoire, cela impose un travail sur les filières les plus représentatives. En Aquitaine, il s’agirait par exemple de réfléchir sur la vigne, le maïs et les fruits et légumes. Or, « les solutions sont moins nombreuses qu’en grandes cultures », a remarqué Philippe Reulet. C’est pourtant en arboriculture que les traitements sont parmi les plus nombreux. Beaucoup de pistes restent donc à explorer… et des calages à préciser.

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