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Fruits et légumes La réforme de la Pac vivement critiquée... par le Maroc

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Une mesure d'application de la réforme de la Pac modifiant le régime de dédouanement des fruits et légumes importés dans l'UE provoque de vives protestations du Maroc qui voit là une atteinte inacceptable portée à ses exportations.

PARMI les actes délégués de la réforme de la Pac avalisés le 14 avril par les Vingt-huit (1), celui sur les conditions d'importation des fruits et légumes frais et transformés inquiète vivement le Maroc. Il habilite la Commission européenne à prévoir une valeur forfaitaire permettant de vérifier la réalité du prix d'entrée déclaré d'un lot et à définir les conditions relatives à la constitution d'une garantie. Le chef du gouvernement marocain a voulu marquer « la profonde préoccupation » du pays en convoquant le 17 avril l'ambassadeur de l'UE, Rupert Joy qui, de son côté, a fait valoir dans un communiqué que cette mesure répond à un souci de transparence d'un système « source de critiques récurrentes » et s'appliquera « uniformément à tous les fruits et légumes importés dans l'Union, de tous les pays du monde ».

La Coordination rurale se félicite des restrictions aux importations de tomates marocaines

LA Coordination Rurale souligne, dans un communiqué du 17 avril, « la perspective positive » de l'annonce de la modification des conditions d'accès des fruits et légumes extracommunautaires sur le marché européen, décidée le 14 avril par les ministres de l'Agriculture de l'UE. « Cette mesure aurait pour conséquence une augmentation du prix des fruits et légumes entrant sur le marché européen, y compris en provenance du Maroc », anticipe le syndicat, ce qui pourrait « redonner un peu d'espoir aux producteurs européen ». Mais elle craint que l'annonce ne soit le fruit que d'un « opportunisme électoral » avant les élections européennes. Alors que le Maroc et l'UE négocient actuellement un accord de libre échange, la Coordination rurale rappelle son « opposition à cet accord perdant-perdant pour les agriculteurs marocains et européens qui viendraient chacun faire baisser les prix des productions des autres : les fruits et légumes européens et français en particulier, déjà en grande difficulté, et les céréales marocaines dont la production ne se développera que si les prix intérieurs restent suffisamment élevés ».

« Protectionnisme aveugle »

« Quelques centaines d'agriculteurs », selon les organisateurs, ont manifesté le 15 avril devant la délégation de l'UE à Rabat pour dénoncer un « protectionnisme aveugle ». « La mesure vise à tuer les produits marocains », a affirmé le président de la Fédération interprofessionnelle de production et d'exportation des fruits et légumes (Fifel), Houcine Aderdour, ajoutant que le Maroc était de loin le principal partenaire concerné et que la mesure incriminée pourrait à terme réduire « de moitié » ses exportations de fruits et légumes sur le marché européen.

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Le Maroc est étroitement lié économiquement à l'UE et négocie actuellement un accord de libre-échange complet et approfondi avec Bruxelles, pour lequel un quatrième cycle de pourparlers vient de s'achever.

En 2013, les exportations agricoles du pays vers l'Union ont atteint plus de 1,2 milliard d'euros, en premier lieu des tomates (22 %) et des haricots (13,2 %). L'agriculture est le premier contributeur du PIB marocain, à hauteur de 15 à 20 %.

(1) Voir même numéro