Afin de réduire la présence des pesticides dans les eaux superficielles, encore trop fréquente en Bretagne, les préfets des départements bretons ont pris un arrêté interdisant l’épandage de produits phytosantaires à moins d’un mètre de la berge de tout point d’eau. Cet arrêté ne concerne pas seulement les agriculteurs, mais tous les utilisateurs de pesticides.
La préfecture de la région Bretagne a annoncé le 26 avril que les préfets des quatre départements bretons ont pris un arrêté interdisant, à partir du 1er mai, l’utilisation de produits de traitement phytosanitaire pendant toute l’année, à moins d’un mètre de la berge de tout fossé, cours d’eau, canal ou point d’eau. Concernant les voies ferrées et les routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central, toute application de pesticides est strictement interdite dans le fossé ou sur ses berges. Toutefois, certaines dérogations pourront être autorisées, à condition d’utiliser des produits destinés à une utilisation sur plantes aquatiques et que le traitement soit réalisé par un applicateur agréé.
Cet arrêté est destiné, non seulement aux agriculteurs, mais aussi aux collectivités, aux entrepreneurs et aux particuliers. Il insiste sur le fait qu’en Bretagne, l’essentiel des ressources en eau potable provient des eaux superficielles et que la densité du réseau hydrographique rend ces ressources vulnérables aux pollutions par les pesticides. Ainsi, le traitement chimique des fossés, cours d’eau, mares, étangs ou sources « constitue une source directe de pollution qui présente un risque toxicologique exceptionnel à l’égard des milieux aquatiques ».
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Les dépassements de seuils encore trop fréquents
Selon la préfecture de la région Bretagne, les fréquences de pollution des eaux superficielles libres par les pesticides sont en diminution régulière. Ainsi, pour le glyphosate, la fréquence de dépassement du seuil réglementaire de 0,1 µg/l était de 95 % en 1998 pour se situer à 40-45 % en 2004. Pour son principal métabolite, l’Ampa, les fréquences sont passées de 99 % à 60 % sur la même période. Mais pour la Préfecture, la seule possiblité d’aller plus loin est de durcir la réglementation. Au niveau des eaux potables, le pourcentage de population bretonne desservie par une eau d’alimentation ayant dépassé au moins une fois dans l’année le seuil de 0,1 µg/l était de 54 % en 1989 et se situe à 1,3 % en 2004, grâce à un effort d’épuration des eaux par les distributeurs d’eau.