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Enseignement agricole « La rentrée 2011 est impossible ! », selon le Snetap

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Lors de son congrès du 25 au 28 mai à Melles (Deux-Sèvres), le Syndicat national de l’enseignement technique agricole public (Snetap), le plus important du secteur, a une fois de plus dénoncé les conséquences de la politique budgétaire actuelle. Selon lui, la rentrée 2011 est impossible dans les conditions annoncées. Des actions sont en préparation.

Le Snetap a dénoncé avec force, à l’occasion de son congrès, les conséquences de la politique du gouvernement à travers une motion adoptée à l’unanimité. La première critique concerne les suppressions massives d’emplois de fonctionnaires.
« Après un semblant de moratoire à la rentrée 2010, il va y avoir 120 suppressions de postes en 2011, exclusivement des enseignants et pour la plus grande part dans l’enseignement public », a déclaré Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du syndicat.
Il condamne des statuts de plus en plus précaires. Le syndicat appelle à des mesures de titularisation et d’amélioration de la situation des non-titulaires mais réclame en priorité un plan de titularisation.
Le Snetap refuse également la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et la transposition dans la fonction publique de la gestion managériale des personnels. Il s’oppose à une « gestion managériale individualisée et au mérite », et exige le retour à un « statut public protecteur et garantissant une égalité des agents dans leur carrière ». Enfin, il constate un « abandon d’un certain nombre de missions de service public » et leur « transfert au privé ».
Au sujet de la décentralisation des agents techniques, il reconnaît que leur situation s’est globalement améliorée depuis leur transfert aux régions mais appelle à corriger les inégalités de traitement d’une région à l’autre. Il demande qu’une « négociation s’engage pour une harmonisation par le haut de leurs conditions de travail, d’emploi et de rémunération ».
Globalement les salaires font l’objet de mécontentement. Le gel des salaires en 2011 et en 2012 décidé par le gouvernement est vécu comme une provocation. « Les fonctionnaires ont déjà subi près de 15% de perte de pouvoir d’achat depuis 10 ans », estime le syndicat.

La survie d’établissements en cause

A cela s’ajoute une détérioration des conditions de travail, en raison notamment des suppressions de postes. « Les décisions d’ouvertures/fermetures de classes et de plafonnement d’effectifs sont aujourd’hui connues. Elles conduisent à une diminution de l’offre de formation et/ou à l’incapacité de l’enseignement agricole public d’accueillir les élèves qui le souhaitent. Elles conduiront inévitablement, si nous ne sommes pas en mesure de l’enrayer, à des mutations d’office », ajoute t-il.
Le syndicat s’inquiète encore que « la mise en œuvre du Bac pro en 3 ans combinée aux fermetures de classes décidées par les restructurations organisées par les DRAAF conduit à fragiliser fortement certains établissements, jusqu’à remettre en cause leur survie ».
Le Snetap exige un collectif budgétaire « afin de redonner à l’enseignement agricole public les moyens nécessaires à son fonctionnement ». Le congrès estime que l’enseignement agricole public n’est plus en capacité de fonctionner dans des conditions normales à la rentrée prochaine, ce qui lui fait dire que « la rentrée 2011 est impossible ! ». Il a décidé de préparer une série d’actions pour septembre.
De son côté, après ses « opérations vérités » sur le terrain, le Comité permanent de défense de l’enseignement agricole public va poursuivre ses travaux et élaborer d’un ensemble de propositions. Il doit se réunir à l’Assemblée nationale le 8 juin.

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