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Légumes transformés La reprise de la production très attendue

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La reprise de la production de légumes transformés est très attendue par les professionnels du secteur, réunis en assemblée générale à Paris le 5 juin, après des années de recul des surfaces et des conditions climatiques défavorables. D’autant plus que les tendances indiquent une progression constante de la consommation par les ménages.

L’activité des légumes transformés devrait augmenter sa production en 2008, après plusieurs années de baisse, a révélé la « deuxième journée des légumes transformés », qui a rassemblé le Comité économique national agricole des légumes à destination industrielle (Cénaldi), l’Interprofession des légumes en conserves et surgelés (Unilet) et la Fédération des industries d’aliments conservés (Fiac).

Surface en hausse de 5%

La surface prévue de légumes pour l’industrie (conserves et surgelés) en 2008 devrait croître de 5% par rapport à la moyenne 2003-2007, à 75 200 hectares, selon le Cénaldi. La production quant à elle grimperait de 12% par rapport à la moyenne 2003-2007, à 95 700 tonnes. Elle augmenterait nettement plus que les surfaces, selon le Cénaldi, qui mise sur un retour à des conditions climatiques normales.

Le pois, un des produits phares du secteur, a subi trois années déficitaires consécutives . En 2007, les rendements de pois et de haricot ont été pénalisés par la météo, et malgré une progression des surfaces de 7% cette année-là, le volume total des légumes d’industrie a fléchi.

Conséquence de cet effet conjugué du recul des surfaces et des rendements, la production est devenue insuffisante, dans un contexte général de hausse des prix alimentaires. « Notre secteur de production n’échappe pas à l’envolée des prix », a déclaré Alain Morice, président du Cénaldi.

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Entre le prix du blé, les DPU et la LME

Mais des freins à l’augmentation de la production existent, a prévenu Alain Morice. Le producteur de légumes d’industrie, qui peut être aussi céréalier « réfléchira souvent à deux fois avant de maintenir une culture légumière dans son assolement, face à des offres de prix élevés et fermes sur ses autres cultures », comme par exemple le blé. En clair, l’attractivité du blé en raison de son prix de vente élevé peut détourner l’intérêt du producteur pour les légumes.

À cela s’ajoute une distorsion nouvelle, entre les producteurs de légumes d’industrie désormais bénéficaires de droits à paiement uniques (DPU) en tant que céréaliers ou éleveurs, et les producteurs de légumes d’industrie « historiques », qui n’en bénéficient pas (encore). Le Cénaldi a rappelé qu’il demande que toutes les surfaces de légumes d’industrie soient dotées en DPU et que Michel Barnier a annoncé à plusieurs reprises que cela sera le cas en 2009.

Mais « pour fidéliser les producteurs », qui ont négocié avec leurs partenaires industriels « des réajustements significatifs de prix », il faut aussi que les entreprises, comme Bonduelle, D’Aucy, Ardo (groupe belge), etc., puissent faire accepter ces hausses auprès de leurs clients distributeurs, a poursuivi Alain Morice. « Un vrai challenge », dans un contexte où le projet de loi de modernisation de l’économie (LME) « semble faire, une fois de plus, la part belle à la grande distribution ».