Abonné

Russie/Commerce extérieur La Russie, opportunité pour l’agroalimentaire français

- - 4 min

« La Russie présente un réel potentiel pour les exportations de produits alimentaires français, encore insuffisamment exploité par les industriels », constate Tatiana Korsounskaya, directrice de la Sopexa en Russie. La consommation est en pleine explosion et les produits français bénéficient d’une bonne image de marque qui peut leur permettre de jouer leur carte malgré une concurrence nationale et internationale accrue.

Avec 142,5 millions d’habitants, la Russie est le neuvième pays le plus peuplé au monde et la population a connu une hausse de ses revenus de 4,4% en 2012. « Actuellement, les exportations françaises sont surtout concentrées sur Moscou et Saint Petersbourg, mais les autres villes commencent à être des centres de grande consommation » et ne doivent pas être négligées. La population est en effet concentrée à 74% dans les villes. Les dépenses alimentaires ont progressé de 125% depuis 2006 et représentent 30% des dépenses des ménages et 38% si l’on inclut les alcools. A ce jour, 36% de la consommation alimentaire est importée. La Russie bénéficie en outre d’un réseau de distribution dynamique, dominé par les supermarchés et qui a vu les 120 plus gros distributeurs ouvrir 3 000 points de vente en 2012. Le secteur est toutefois très atomisé, les 8 plus grandes enseignes ne pesant pas plus de 20% du marché. Parmi eux, Auchan est numéro 3, avec des ventes de 9,9 Md dollars, ce qui peut être un atout pour les Français. Le secteur est toutefois en cours de consolidation et s’étend sur l’ensemble du territoire.
 
Un rôle majeur pour les importateurs
La nouvelle tendance pour les exportateurs est de travailler en direct avec les grandes surfaces, mais le mode le plus courant est encore de confier son courant d’affaires à l’un des quelque 150 importateurs qui se font les intermédiaires vers les enseignes ou les grossistes, les commerçants traditionnels. Sopexa a créé un réseau de formateurs qui se chargent de familiariser ces importateurs aux produits français, tout comme ils forment des cavistes ou des sommeliers. « Dans un contexte de concurrence internationale accrue, la France a des forces incontestables, de par l’image de sa gastronomie et la réputation de qualité de ses produits », note Tatiana Korsounskaya. De même, les produits français sont souvent une offre complémentaire à la production locale. C’est notamment le cas pour les fromages comme le brie, le camembert ou les fromages bleus qui sont largement importés : la Russie produit 446 millions de tonnes de fromages mais en importe 356 Mt, un chiffre en progression de près de 20% entre 2008 et 2012. L’autre produit phare des exportations sont les vins et spiritueux, la France étant le troisième fournisseur (derrière l’Espagne et l’Italie) sur un marché approvisionné à 50% par la production locale (4,78 Mhl). D’autres secteurs recèlent des potentialités importantes : les fruits et légumes, la Russie étant le 1er importateur mondial de pommes et poires, ou la viande sur des marchés de niche. La Russie sera cependant autosuffisante en volaille dès 2017. L’un des axes de communication que le bureau Sopexa de Moscou privilégie pour les campagnes de promotion des produits français, principalement pour des interprofessions (Cniel, CIVC), outre la presse classique est l’internet. La Russie compte 11 millions d’internautes, notamment parmi la classe moyenne/supérieure (plus de 20 000$ par an de revenus) qui va progresser de 10% d’ici 2020 et qui est très ouverte à l’innovation en matière d’alimentation. La presse classique – écrite ou audiovisuelle– n’est pas pour autant négligée.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

concurrence
Suivi
Suivre
consommation
Suivi
Suivre