La manière pour le moins rocambolesque dont la Russie a convenu de mettre progressivement fin à l’embargo instauré le 2 juin sur les légumes européens à cause de la crise de l’E.Coli montre à quel point les relations commerciales avec Moscou sont délicates et surtout irrationnelles. Il aura suffi que l’UE se félicite, de manière un peu trop ostensible, de la reprise prochaine de ses exportations, à la suite de l’accord politique intervenu en marge d’un sommet organisé à Nijni Novgorod, pour que les Russes en prennent aussitôt ombrage. De façon très peu diplomatique, Guennadi Onichtchenko, le chef des services vétérinaires, a remis à leur place les fonctionnaires de la Commission européenne en expliquant qu’« il faut parler avec la Russie comme avec un partenaire et non un pays africain sous-développé auquel on peut dicter ses conditions ». Sans complexe et sans la moindre gène, la Russie a pris pour habitude de fermer ses frontières dès qu’un incident sanitaire, même mineur, se produit. Son retrait l’an dernier du marché mondial des céréales sans concertation avec les autres pays fournisseurs, au mépris des pays importateurs, avait aussi marqué les esprits. La Russie veut sans doute rappeler à ses partenaires qu’elle est une grande puissance avec laquelle il faut compter. De manière plus subtile, les Etats-Unis et la Chine n’ont-ils pas, eux aussi, leurs méthodes pour parvenir à leurs fins sur le plan commercial ?
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