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La santé et la retraite, premières préoccupations des agriculteurs

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La protection santé et la préparation de la retraite sont les deux principales préoccupations des agriculteurs, pour les deux prochaines années, selon une étude conduite en janvier et présentée le 6 juin, par le groupe bancaire BPCE. À la question : « Quand vous pensez aux deux prochaines années, quelle importance accordez-vous à chacune de ces préoccupations suivantes ? », 46 % du millier d’agriculteurs (grandes et moyennes exploitations) interrogés accordent une note importante (entre 8 et 10) à la protection de la santé, et 38 % à la préparation de la retraite. Viennent ensuite la cession-transmission (32 %), les financements de la trésorerie (31 %) et des investissements (28 %), puis la transition agroécologique (22 %). Le choix des réponses était fermé.

Cette préoccupation vers la santé et la retraite serait moins marquée dans les PME des autres secteurs, a expliqué l’économiste Alain Tourdjman, qui a supervisé cette étude conduite par l’institut BVA. Pour lui, ce sujet est en train de monter dans le secteur agricole : « Le sujet de la retraite n’a pas l’air d’être abordé de façon sereine par les agriculteurs, estime-t-il. La façon dont les agriculteurs se projetaient dans la retraite ces 20-30 dernières années n’a pas l’air de satisfaire ceux qui vont bientôt y prétendre. La perspective de la dépendance est moins bien vécue qu’elle ne l’était il y a 20 ans ».

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Les pistes d’explication n’ont pas été identifiées clairement. Alain Tourdjman évoque l’allongement de la vie et des risques de dépendance, commune à de nombreux métiers, mais aussi des préoccupations plus agricoles, liées à l’augmentation de la part du fermage dans la sole française, à la valeur de l’exploitation. « À cause du phénomène de concentration, les personnes qui rachètent les exploitations ont peut-être de moins en moins besoin des outils de production », note-t-il. Du point de vue de la banque, cela peut marquer « une pratique peut-être insuffisante par rapport au besoin », estime Alain Tourdjman.

« Le sujet de la retraite n’a pas l’air d’être abordé de façon sereine par les agriculteurs »