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Financement participatif La SCIC Fromagerie du Pays Mothais veut lever 150 000 € pour se lancer

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La Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Fromagerie du Pays Mothais a lancé une campagne de financement participatif en don pour don et en capital. L’occasion pour cette « Scop agroalimentaire » de boucler son plan de financement évalué à 1,8 million d’euros et de relancer la production, à partir du 1er janvier 2018, du « chèvre boîte ».

Une coopérative qui ouvre son capital au grand public pour relancer la production du chèvre boîte au lait cru, un fromage qui allait tomber dans l’oubli : voici le projet original que conduisent actuellement des producteurs de lait des Deux-Sèvres et des ex-salariés d’une coopérative fromagère qui a cessé la production en 2014. « Nous pouvons faire appel au grand public pour nous financer car nous ne sommes pas une coopérative traditionnelle, mais une société coopérative d’intérêt collectif (Scic), proche des Scop existant dans les secteurs industriels ou des services », explique Dominique Guérin, présidente de la Fromagerie du Pays Mothais, à la Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres). La direction de la Scic se compose de trois collèges : les producteurs, les salariés et les consommateurs. C’est auprès de ces derniers que la Scic s’adresse aujourd’hui pour lever des fonds.

« Nous avons lancé avant les fêtes de fin d’année, une campagne de financement participatif afin de lever 150 000 euros auprès du grand public », selon Dominique Guérin. Le décollage a eu lieu véritablement début janvier, la Scic ayant atteint 61 592 euros au 14 février. Le terme de cette opération est fixé au 26 mars prochain. Quant au lancement de la production, elle est prévue pour janvier 2018.

Frapper à toutes les portes pour se financer

Ce montant s’intègre dans un plan de financement plus large. « Nous avons un besoin total de 1,8 million d’euros, dont 533 000 euros pour la construction de la fromagerie, 815 000 euros en année 1 pour le matériel et entre 390 000 et 450 000 euros pour les besoins en fonds de roulement », détaille Dominique Guérin. La Scic a frappé à toutes les portes pour trouver des moyens de se financer. Outre les producteurs qui apportent leurs parts sociales récupérées auprès de la coopérative qu’ils ont quittée, d’autres organismes se mobilisent : un prêt bancaire de l’Urscop (union régionale des Scop) de 25 000 euros, 39 000 euros de prêts personnels à taux zéro octroyés par Deux-Sèvres Initiatives (aide aux entreprises du Conseil départemental), deux Cigales (Clubs d’investisseurs pour une gestion alternative et locale de l’épargne solidaire) apportent 8 000 euros par an, après 12 000 euros la première année et un prêt de la société de capital-risque solidaire Garrigue de 50 000 euros. Et la Scic est en attente d’une réponse pour un prêt du financeur solidaire France Active. « Nous avons prévu aussi d’emprunter un million d’euros auprès de deux ou trois banques », ajoute la présidente de la fromagerie. Pour l’acquisition du terrain aménagé, la Scic a profité d’un coup de pouce de la communauté de communes du Mellois, celle-ci permettant un paiement étalé sur trente ans.

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Intérêt pour les donateurs et la coopérative

Le grand public peut apporter son soutien de deux façons : soit en don pour don et il reçoit alors une rétribution en nature, soit en capital et il devient propriétaire de parts sociales de la Scic. La première formule s’adresse davantage à des personnes souhaitant soutenir l’initiative alors que la seconde concerne surtout des investisseurs capables de mobiliser au moins 200 euros et qui souhaitent s’impliquer dans la fromagerie. Avec comme avantage dans ce dernier cas, une réduction d’impôt correspondant à 18 % du montant investi et, pour les contribuables assujettis à l’ISF, un abattement de 50 % sur les fonds convertis en parts sociales.

Dans le cas de la fromagerie, le financement participatif permet de faire connaître le projet auprès du grand public, amorcer une notoriété via une communication originale, crédibiliser le projet auprès des financeurs et bien sûr boucler le plan de financement. « Plusieurs plateformes existent pour lever des fonds, mais Bulb In Town nous a plus, notamment en raison d’une levée de fonds réalisée avec succès pour la Fromagerie des Aldudes », rappelle Dominique Guérin. Cette fromagerie pyrénéenne a en effet récolté 407 900 euros au 14 février, dépassant largement son objectif de 200 000 euros bien avant la clôture prévue pour le 19 mars.