La sécheresse prolongée de 2005 a affecté les rendements des productions agricoles, mais on s’attendait à pire. La récolte de céréales reste proche de la moyenne quinquennale. En revanche, les cultures de printemps ont été affectées, de même que les cultures fourragères. Le prix du blé reste faible. Celui du maïs et du blé dur se maintient grâce à la faiblesse de l’offre.
En 2005, la production des grandes cultures et des fourrages a été pénalisée par une période de déficit hydrique prolongée. Les réserves en eau ne se sont pas reconstituées au cours de l’hiver, tandis que les pluies de printemps et d’été ont été peu abondantes, au moins sur une large partie ouest et sud du pays. La sécheresse s’étant déclarée très tôt au printemps, les agriculteurs ont pu adapter leurs assolements en conséquence. C’est pourquoi les surfaces de maïs grain sont en recul de 10 % par rapport à 2004, au profit du tournesol et du sorgho.
Les rendements des grandes cultures ont été inférieurs à leur niveau de 2004. Pour autant, la récolte des céréales reste proche de la moyenne quinquennale. Le colza a atteint un record de production. Au contraire, les cultures de printemps ont été davantage affectées, notamment le pois protéagineux. Quant aux productions fourragères, ce n’est pas tant la sécheresse que la vague de froid du mois de mars qui a retardé fortement la végétation. D’où la décision de Bruxelles d’autoriser l’utilisation des jachères pour l’alimentation animale dans 77 départements français. Au final, une prairie sur deux a présenté un déficit de plus de 25 %, contre huit sur dix en 2003, autre année de sécheresse.
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Concurrence de la mer Noire
En dépit d’une moisson 2005 moins abondante, jusqu’en octobre 2005, le prix du blé tendre ne se valorise pas mieux qu’au début de la campagne 2004. Les cours parviennent à se maintenir au-dessus du prix de l’intervention depuis le début de la campagne de commercialisation 2005/2006. Le blé a subi immédiatement la forte concurrence à l’exportation des produits originaires de la mer Noire vendus à des prix très compétitifs (115 euros/t pour le blé ukrainien). A la fin novembre, la concurrence australienne vient relayer celle de la mer Noire. L’arrivée des blés australiens pénalise les exportations de l’UE sur les marchés, et notamment les exportations françaises sur le marché égyptien.
La baisse de la production favorise une certaine reprise des prix du maïs et du blé dur. En maïs, la demande de la péninsule ibérique fortement déficitaire en céréales fourragères à cause de la sécheresse, est toujours présente. La récolte de blé dur, d’excellente qualité, trouve ses débouchés sur l’Italie et l’Espagne, ainsi que sur le Maghreb, si la concurrence canadienne n’est pas trop virulente. Les rendements des grandes cultures ont été inférieurs à leur niveau de 2004. Pour autant, la récolte des céréales reste proche de la moyenne quinquennale.