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Phytos La section nationale « pommes » conclut à l’inapplicabilité de la réglementation

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La section nationale « pommes » a mené une expérimentation dans un verger de pommiers concluant à l’inapplicabilité de la réglementation française relative à l’utilisation des produits phytosanitaires. La production a été compromise. La section demande que l’arrêté du 12 septembre 2006 soit réexaminé, pour « sortir de l’impasse technique ».

Les résultats d’une expérimentation menée dans un verger de pommiers par la section nationale « pommes », qui fédère 4 500 producteurs de pommes français, ont été présentés le 29 septembre à des parlementaires à Saint-Livrade dans le Lot-et-Garonne. Au terme de cette expérimentation, le verger « se trouve dans un piètre état sanitaire », a déclaré Jean-Claude Moron, arboriculteur parlant au nom de la section.

Le respect des interdictions de traiter en fonction de la vitesse du vent

Le protocole expérimental a été établi par le Centre d’expérimentation fruits et légumes (Cefel) de Montauban, agréé « bonne pratique expérimentale » (ABPE) par les pouvoirs publics. Une commission regroupant des producteurs, des ingénieurs de la section « pommes » et du Cefel a assuré le suivi. Un expert judiciaire du tribunal d’Agen a contrôlé le respect du cahier des charges.

Le verger a été conduit selon la réglementation phytosanitaire en vigueur, notamment en respectant les interdictions de traiter en fonction de la vitesse du vent. La protection du verger « est régulièrement interrompue et reportée, ce qui permet le développement des maladies sur l’exploitation et plus particulièrement la tavelure », selon la section. Ce champignon se développe par temps humide au printemps et rend les pommes impropres à la consommation selon les normes européennes de commercialisation des pommes et des poires. La réglementation, découlant d’un arrêté du 12 septembre 2006, limitant notamment les traitements en fonction de la vitesse du vent, « enraye complètement les protocoles de lutte contre les parasites », a résumé Jean-Claude Moron.

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La production entièrement perdue

La production de pommes du verger « est entièrement perdue », a-t-il indiqué. Les membres de la commission « l’ont définitivement constaté en présence d’un huissier ». La tavelure « a entièrement colonisé les feuilles et les fruits ». Les résultats économiques étant « désastreux », la section dédommagera Charles Benedetti, l’arboriculteur qui a prêté son verger pour l’opération.

Ces résultats « confirment la position exprimée par les professionnels lors de l’élaboration de cet arrêté, et confirment les constations déjà établies en 2007 par l’observatoire mis en place conjointement par la profession et le ministère de l’Agriculture », précise la section. Pour « sortir de l’impasse technique », la section demande « immédiatement un moratoire » et que l’arrêté (du 12 septembre 2006) soit réexaminé.