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Sélection La sélection génomique au service de la santé et du bien-être animal

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Lors de l’assemblée générale de l’UNCEIA (réseau de la génétique animale) qui se tenait le 14 février à Paris, une table ronde sur la santé et le bien-être animal a réuni généticiens, élus européens et entrepreneurs.

«Génomique opérationnelle ». Ces termes ont été utilisés par Marie-Hélène Pinard, coordinatrice du réseau Eadgene (réseau européen de recherche), lors de l’assemblée générale de l’UNCEIA (réseau de la génétique animale) qui se tenait à Paris le 14 février. La sélection génomique (technique d’amélioration génétique) est au service de l’amélioration de la productivité (production, reproduction), mais aussi du bien-être et de la santé animale. Et pour cause, le contexte réglementaire et économique l’y engage. L’élevage est pris en étau entre normes de bien-être et rentabilité. « Le bien-être animal a un coût pour l’agriculteur », a constaté Sergio Pavon, commissaire européen à la DG Sanco (direction générale de la santé et des consommateurs) le 14 février à l’AG de l’UNCEIA. Difficile pour les éleveurs de gérer durablement une demande sociétale coûteuse. Par ailleurs, le commissaire rappelle que l’Union européenne a adopté récemment une nouvelle stratégie 2012-2015 qui préconise l’identification d’indicateurs de bien-être animal. Ces indicateurs permettront d’évaluer l’efficacité des normes européennes et, à termes, d’en mesurer les conséquences économiques pour le monde agricole. Quoi qu’il en soit, le bien-être animal sera un enjeu pour le commerce international. « On ne peut pas encore quantifier les conséquences du bien-être animal sur le commerce international. Mais ça jouera », a souligné Gerard Alberts, directeur scientifique de Heindrix Genetics (groupe international de sélection animale). Tant de raisons qui incitent la recherche à plancher sur la sélection animale basée sur des caractères de bien-être et de santé animale.

Des recherches sont déjà engagées

Plusieurs projets de recherche sont engagés. « Le projet Quantomics est financé à hauteur de 6 millions d’euros par l’Union européenne sur la période 2010-2013 », rappelle Sergio Pavon. Ce projet de recherche européen a pour objectif d’offrir des outils et des technologies pour optimiser l’efficacité économique des élevages grâce à la génomique animale. Il est aussi question de déterminer les avantages et les contraintes liées à la santé et au bien-être des poulets et des bovins. Par ailleurs, la castration des porcelets et le décornage des veaux ont été plusieurs fois repris par les intervenants. Et pour cause, ces pratiques sont une des préoccupations communautaires prioritaires en termes de bien-être animal. Les chercheurs travaillent sur la suppression de ces pratiques (veaux sans cornes, porcelets non castrés produisant de la viande inodore). « Pour faire face à ces questions, la solution génétique est durable et novatrice », a déclaré Gerard Alberts, directeur scientifique de Heindrix Genetics, le 14 février à l’AG de l’UNCEIA.

Mutualiser les moyens

« En Autriche, il y a un rapprochement de la collecte des données génétiques et sanitaires », a rappelé Laurent Journaux, responsable du service génétique de l’UNCEIA le 14 février à l’AG de l’UNCEIA. La stratégie autrichienne est d’augmenter le nombre de caractère sanitaire de sélection. En France, la recherche génomique est encore principalement orientée vers la sélection de caractères, entre autres, de fertilité, de longévité et de mammites. Le virage qui consisterait à augmenter le poids de la santé et le bien-être animal dans les critères de sélection des animaux d’élevage, est en train d’être pris par les généticiens français. Néanmoins, selon Marie-Hélène Pinard, « pour intégrer les critères génomiques, il faut d’abord pouvoir les mesurer ». Dans un contexte de contraintes budgétaires, la mutualisation des compétences est nécessaire. « Il faut des infrastructures plus harmonisées entre les scientifiques », explique Marie-Hélène Pinard. Mutualisation des compétences, mais aussi des moyens financiers et humains. « Il y a des règles d’investissements collectifs qu’il convient de redéfinir, alors que les financements sont de plus en plus régionalisés. Par ailleurs, il faut élargir les partenariats », a déclaré Michel Cetre, président de l’UNCEIA dans son discours de clôture de l’AG du 14 février. Il rappelle aussi que des investissements dans ce type de recherche permettraient, in fine, de diminuer les frais vétérinaires et de faciliter la conduite d’élevage.

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