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Des coopératives agricoles seraient en train de préparer une solution pour tenter de sauver la société Spanghero, filiale du groupe coopératif Lur Berri. C’est ce qu’a laissé entendre Philippe Mangin, président de Coop de France, devant les journalistes lors du congrès des Jeunes Agriculteurs, le 6 juin dernier. « Il y a des coopératives qui travaillent d’arrache-pied et qui devraient proposer une solution dans les jours qui viennent » a-t-il déclaré à Agra Presse. Interrogé par nos soins, Coop de France confirme de tels projets sans vouloir donner davantage de précision. On sait toutefois que la manière dont Lur Berri a géré cette crise, qui affecte sa filiale de Castelnaudary depuis la découverte de fraudes à la viande de cheval, a dès le départ profondément déplu au sein de l’organisation faitière des coopératives agricoles.
Quinze jours de sursis
L'administrateur judiciaire de Spanghero a accordé un nouveau délai de deux semaines aux repreneurs potentiels de l'entreprise de Castelnaudary pour améliorer les offres qui lui ont été présentées le 5 juin dernier. Celles-ci ne l’ont pas convaincu de leur solidité pour assurer le redressement de l’entreprise. Ces deux offres émanent de l'ancien propriétaire et fondateur de l'entreprise Laurent Spanghero (avec l'aide d'un investisseur) et des salariés. Un premier sursis d’une semaine avait déjà été accordé le 28 mai dernier à la société en liquidation judiciaire depuis le mois d’avril avec poursuite de l’activité jusqu’au 19 juillet. Le sort de 230 salariés est en jeu et la tension ne cesse de monter avec la direction et l’actionnaire, les employés jugeant « indignes » les propositions qui leur ont été présentées pour un éventuel plan social. La coopérative basque a, de son côté, déclaré le vendredi 7 juin, dans un communiqué, « avoir fait le maximum pour sa filiale Spanghero et ne pouvoir accéder aux exigences d'indemnisation des 230 salariés de l'entreprise ». Elle précise avoir « injecté dans Spanghero l'équivalent de trois fois son résultat net consolidé en 2012 et vient de présenter des mesures d'accompagnement de 1,3 million d'euros, alors qu'elle n'était pas tenue de le faire ». Lur Berri dit « partager le désarroi » des salariés et propose en outre 105 reclassements en CDI, à 80% dans le Sud-Ouest, ce qui, en cas de reprise de Spanghero, pourrait préserver 85% des emplois. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les salariés de Spanghero, mais nous ne pouvons pas aller plus loin, ni financièrement ni légalement. Nous contestons les propos qui mettent en cause la responsabilité de notre coopérative », souligne Olivier Gémin, directeur général de Lur Berri, dans son communiqué.
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