Du sujet de thèse à la start up, c'est le pari de Damien Binois. Parti au Brésil lors de sa dernière année d'HEC, le jeune homme découvre la baie d'açaï et décide d'écrire sa thèse sur la chaîne de production de ce fruit ancestral aux nombreuses vertus. Semblable à une grosse myrtille, l'açaï dont 95 % est encore issu aujourd'hui de culture à l'état sauvage dans les affluents de l'Amazonie, au nord du Brésil, n'en a en fait que l'apparence. Ce fruit pousse en grappe et l'essentiel de son volume est composé par son noyau. « Toutes les vertus, et même tout le fruit, sont contenus dans la peau, explique Damien Binois. « Consommé depuis des siècles par les populations indigènes, comme aliment de base à la saison des récoltes, mais aussi en sorbet sur les plages, l'açaï est réputé pour ses nombreuses propriétés. C'est d'ailleurs grâce à ses caractéristiques nutritionnelles et antioxydantes, bien connues des adeptes du jiujitsu brésilien qu'il a commencé à devenir populaire dans tout le Brésil à la fin des années 90 », raconte ce dernier. En 2010, le marché de l'açaï représentait 14 000 tonnes soit 30 millions de dollars.
GROSSES CONTRAINTES LOGISTIQUES
De retour en France, Damien Binois a donc décidé de se lancer dans l'aventure et de créer avec un associé, sa propre entreprise autour de l'açaï. Lancée en 2012 avec une mise de départ de 60 000 euros, Nossa ! (littéralement waouh en portugais) a réellement démarré son activité au début de cette année. « Nous travaillons à plein régime et avons livré les premières glaces en avril sur le marché français, et depuis deux semaines en Belgique, notre volonté étant de nous concentrer pour le moment sur le territoire national », indique le fondateur. Entre la saisonnalité des récoltes, entre septembre et décembre et la très rapide oxydation du fruit, qui oblige à congeler la pulpe d'açaï, les contraintes logistiques autour sont très importantes. « Seuls 4 groupes au Brésil sont capables d'exporter de la pulpe d'açaï », indique Damien Binois. A terme, Nossa ! veut s'intégrer verticalement. Pour le moment l'entreprise a des accords avec un partenaire local qui travaille la pulpe et fabrique ses sorbets, composé à 80 % de fruit. La société compte écouler 5 tonnes de sorbet sur la saison. Dans leur business plan, les associés prévoient un chiffre d'affaires de 60 000 à 70 000 euros cette année.
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EN QUÊTE DE PARTENAIRES FINANCIERS
Fin août, une fois toute leur production écoulée, les deux associés se mettront à la recherche de business angels « Nous avons un BFR très compliqué à gérer, nous achetons les fruits en fin d'année pour les vendre six mois plus tard ». Le plus important aujourd'hui est donc de convaincre d'éventuels partenaires financiers de leur capacité à écouler leur production. Dans l'idéal, Nossa ! Fruit compte sur une levée de fonds comprise entre 100 000 et 200 000 euros à l'automne prochain avant de lancer de nouveaux projets, « décliner l'açaï sous d'autres formes et faire découvrir d'autres fruits » indique encore Damien Binois.