Attendue pour le 29 avril – après déjà un report d’un mois –, la présentation des stratégies « de la fourche à la fourchette » et « biodiversité à l’horizon 2030 » par la Commission européenne va être repoussée à la fin de l’année. La faute à l’épidémie de coronavirus. Bruxelles estime qu’il est nécessaire de réviser certains aspects de ces stratégies – qui prévoyaient notamment des objectifs de réduction de l’usage des produits phytosanitaires – en lien avec la sécurité alimentaire.
La Commission européenne devrait décider de reporter à la fin de l’année la présentation de ses stratégies « de la fourche à la fourchette » et « biodiversité à l’horizon 2030 » dont le lancement avait déjà été repoussé, d’un mois, au 29 avril afin de tenir compte de l’épidémie de coronavirus, selon un projet de calendrier de travail mis à jour. Pour la première stratégie, la Commission considère que la crise du Covid-19 nécessite une révision de certains aspects en lien avec la sécurité alimentaire (1) et aussi de nouvelles propositions sur le prochain cadre financier, attendues de la part de la Commission européenne (2). La deuxième stratégie serait reportée en raison de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité, qui a, elle aussi, été reportée. Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, pourrait le confirmer le 21 avril lors de son audition par les eurodéputés de la commission de l’Environnement. Le président de cette commission, le Français Pascal Canfin, avait pourtant demandé à Bruxelles de ne pas retarder la présentation de ces stratégies qui prévoient entre autres de fixer des objectifs de réduction de l’usage des produits phytosanitaires et des engrais.
Autres reports attendus : ceux de la nouvelle stratégie sur l’adaptation au changement climatique et de la nouvelle stratégie pour les forêts européennes, toutes deux prévues pour le quatrième trimestre 2020 et qui sont reportées à 2021.
Fonds de relance… verte
Les ministres des Finances de l’UE qui s’étaient finalement mis d’accord, à la deuxième tentative, le 9 avril, sur un paquet de mesures pour faire face aux conséquences de la pandémie de coronavirus et la crise économique qui s’annonce, avaient pourtant assuré que ce dispositif se ferait en conformité avec les priorités politiques européennes : le Green deal européen notamment. Évaluée à 500 milliards €, l’enveloppe débloquée se divisera en un fonds de garantie de 200 milliards € pour les entreprises, jusqu’à 240 milliards € de prêts du fonds de secours de la zone euro, et jusqu’à 100 milliards € pour soutenir le chômage partiel. Et les ministres se sont dits prêts à travailler à l’élaboration d’un Fonds de relance destiné à financer la reprise économique une fois l’épidémie surmontée mais dont « les aspects juridiques et pratiques », notamment le financement, devront encore être définis.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les ministres de l’Environnement de treize États membres ont appelé dès le lendemain dans une tribune commune à ce que les plans de relance post-épidémie prennent bien en compte les questions d’environnement et de climat. « Nous devons résister à la tentation de solutions à court terme en réponse à la crise actuelle », écrivent les ministres français, allemand, autrichien, danois, italien, finlandais, letton, luxembourgeois, néerlandais, portugais, espagnol, grec et suédois. « Nous ne pouvons pas nous permettre des revers qui peuvent avoir des effets néfastes sur notre climat, notre biodiversité et notre environnement », préviennent-ils. Ils n’ont visiblement pas été entendus.
(1) Voir même numéro
(2) Voir n° 3736 du 06/04/2020