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La stratégie « de la fourche à la fourchette » sera présentée le 20 mai 2020

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La nouvelle politique alimentaire de l'UE, baptisée « stratégie de la fourche à la fourchette », sera présentée le 20 mai prochain. C’est ce qu’a indiqué Stella Kyrikiades, la commissaire européenne à la santé et à la sécurité alimentaire, devant la commission de l’agriculture, réunie en vidéoconférence.


Retardée à deux reprises, alors qu’elle était censée être présentée le 29 avril dernier, la stratégie « de la fourche à la fourchette » (F2F) sera finalement dévoilée le 20 mai prochain. C’est en tout cas ce qu’a annoncé la commissaire européenne Stella Kyriakides aux membre de la commission de l’agriculture du Parlement européen, le 11 mai, lors d’une vidéoconférence. La stratégie « F2F » comportera des actions législatives et non législatives, ainsi que des objectifs spécifiques pour la réduction des risques et de l'utilisation des pesticides, ainsi que des engrais et des antibiotiques dans les processus de production agroalimentaire. Cette question de calendrier et du contenu de la stratégie « F2F » a quelque peu agité les esprits de certaines parties prenantes ces dernières semaines. Par exemple, le lobby des agriculteurs et des coopératives agricoles de l’UE, le Copa-Cogeca a carrément plaidé pour un nouveau report de la publication de la communication sur la stratégie « F2F » ainsi qu’un nouveau débat sur cette stratégie, en raison de la situation créée par le Covid-19. Idem pour le Parti populaire européen qui a aussi demandé un nouveau report, « au moins jusqu’à la fin de l’été », en utilisant les mêmes arguments de l’impact de la pandémie. Arguments qui ont été réitérés par le PPE italien, Herbert Dorfman, membre de la commission de l’agriculture du Parlement européen, lors de la vidéoconférence avec la commissaire Stella Kyrikiades. Pour lui, la durabilité « doit être à la fois économique et environnementale » et il faut « se donner le temps de réfléchir à la façon avec laquelle l’UE va réorganiser ses productions alimentaires". Il a estimé que l’UE « ne devrait pas essayer d’avancer dans ce dossier tant que le Parlement se trouve dans une phase où il n’est pas en mesure de travailler à plein régime ». Cette manière de voir n’est pas partagée par la commissaire chypriote qui a estimé que l’on ne doit pas « utiliser la crise sanitaire actuelle comme un prétexte pour attendre et temporiser car les mesures prévues dans la stratégie “F2F” sont essentielles pour la durabilité de notre planète et qu’elles permettront à l’UE de réagir à la crise et de retrouver un certain dynamisme après le choc du Covid-19 ». Elle a précisé « qu’il ne s’agit pas d’une initiative de la seule Commission européenne mais d’un projet de l’UE dans son ensemble » et qu’elle compte prendre dûment compte des contributions et des expertises des différents acteurs et en particulier ceux du Parlement européen.

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Que contiendrait cette stratégie « F2F » ?

Selon Stella Kyrikiades, la stratégie « F2F » constitue un volet fondamental du « Pacte Vert » de la Commission européenne, qui offrira un « nouveau cap » pour concrétiser les objectifs d’un développement durable. Son objectif est « de revisiter la façon dont nous produisons, nous distribuons et nous consommons nos produits alimentaires ». Elle a souligné que la pandémie actuelle « justifie un grand nombre des initiatives proposées dans la ”F2F” ». Selon elle, « un modèle axé exclusivement sur la productivité ne suffit pas dans le monde actuel » et la chaîne d’approvisionnement alimentaire doit être envisagée « de manière holistique en tenant compte des préoccupations économiques, environnementales et sociétales. Toutes ces préoccupations devant être abordées parallèlement ». Il importe par conséquent « de modifier de manière radicale le modèle de consommation actuel et de limiter le gaspillage alimentaire ». Selon la commissaire, « revenir au modèle alimentaire précédent, “business as usual” » n’est plus possible ». Cela implique, a-t-elle précisé, de mettre en œuvre des actions concrètes et des objectifs dans certains secteurs prioritaires, notamment l’objectif de réduire l’utilisation des pesticides et des substances chimiques ainsi que des engrais et des antibiotiques. Ce sont là, a-t-elle rappelé, « des engagements pris avant l’entrée en fonction de la Commission Von der Leyen, par rapport aux préoccupations importantes aux yeux des citoyens européens et que la Commission actuelle a l’intention de respecter ». Interrogée par des eurodéputés sur le problème de l’étiquetage de l’origine des produits alimentaires, la commissaire chypriote a indiqué la nécessité d’améliorer l’information des consommateurs et qu’une solution à long terme devrait être intégrée dans la proposition de la « F2F ». A propos de l’étiquetage nutritionnel sur les emballages, elle a indiqué qu’il sera proposé un étiquetage « harmonisé mais qui ne sera pas imposé au niveau communautaire ». Concernant les fameux « profils nutritionnels », pour lesquels la Commission européenne devait faire des propositions il y a plus d’une décennie, la commissaire a répondu que le « moment est venu d’y apporter une réponse dans le cadre de la « F2F » car ce dossier a enregistré trop de retards qui ont freiné l’action de la Commission».