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Céréales La suppression de l’intervention sur le maïs contestée par les Etats membres

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Les ministres de l’Agriculture de l’UE ont manifesté, le 29 janvier à Bruxelles, de vives réticences à l’égard de la proposition de la Commission européenne d’abolir de façon précipitée le mécanisme des achats publics dans le secteur du maïs . Tous ne rejettent pas la fin de l’intervention pour cette céréale qui s’accommode mal du stockage de longue durée. Mais une large majorité des Vingt-sept a exprimé son attachement aux outils de régulation des marchés. Ils ont indiqué ainsi à la commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, qu’il ne faudrait pas enterrer trop vite l’ensemble de ces mécanismes, à l’occasion la révision de la Pac prévue en 2008, au profit de simples « filets de sécurité » d’inspiration plus libérale.

La commissaire européenne à l’agriculture Mariann Fischer Boel a jugé « surprenante» la levée de boucliers rencontrée, lors du conseil agricole du 29 janvier, par sa proposition d’abolir dès cette année l’intervention sur le maïs. Aucun Etat membre ne conteste en effet la nécessité de corriger l’attrait excessif de l’intervention pour les maïsiculteurs hongrois, bulgares et roumains. Et, hormis ces trois pays, soutenus en partie par l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie, personne n’est prêt à faire supporter au budget communautaire le surcoût lié au gonflement des volumes livrés à l’intervention depuis 2004. Celui-ci est évalué à 617,8 millions d’euros pour la période 2008-2014 par la Commission.

« Améliorer l’intervention sans la supprimer »

« Il est possible, a défendu le ministre français de l’Agriculture Dominique Bussereau face à ses homologues européens, d’améliorer le système, sans le supprimer ». La Finlande et la Grèce ont plaidé aussi en faveur de l’intervention. Ces pays suggèrent d’ajuster son fonctionnement notamment en diminuant le prix d’intervention versé aux producteurs de maïs de façon à le rendre moins attractif et à lui rendre sa vocation de mécanisme de crise, ou en fixant une quantité maximale aux volumes présentés. De plus, ils estiment que la commissaire n’a pas tenu suffisamment compte de l’impact de la décision prise récemment sur le renforcement des critères de qualité Voir n°3074 du 9/10/06 pour le maïs livré à l’intervention. Cette mesure, ont-ils rappelé, devrait de facto limiter les volumes de maïs éligibles. De leur côté, le Portugal, l’Italie et l’Espagne ont fait valoir que la proposition de la Commission intervenait trop tard étant donné que les ensemencements pour la campagne 2007 ont d’ores et déjà commencé. Ils réclament une phase de transition et des « mesures d’accompagnement ».

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« Tous les problèmes de l’intervention ne sont pas liés au maïs »

En définitive, seuls le Danemark, le Royaume-Uni et la Suède ont apporté un soutien sans réserve à Mme Fischer Boel qui a « pris note » des craintes émises par les ministres de l’UE. Elle devrait présenter, dans les prochaines semaines, aux experts agricoles des États membres (Comité spécial agricole), une « solution équilibrée » car, a-t-elle précisé, « j’ai encore quelques idées de changements ». Toutefois, la commissaire semble résolue à mettre fin rapidement aux achats publics pour le maïs et à proposer, à terme, une réforme plus radicale car, « bien sûr, tous les problèmes de l’intervention ne sont pas liés au maïs. Un réexamen de l’ensemble des modalités est inévitable,a-t-elle ajouté, et nous avons bien l’intention d’accomplir ce travail à l’occasion du bilan de santé en 2008, mais cela n’est en aucun cas une excuse pour reporter une décision sur le maïs qui doit, quoi qu’il en soit, être prise sans délai».