Abonné

La Tannerie végétale développe son alternative végétale au cuir

- - 4 min
Les produits alternatifs au cuir sont destinés à la petite maroquinerie et la bijouterie. Crédits : © La Tannerie végétale

En ayant recours à des ingrédients végétaux déjà utilisés par l’industrie et grâce à un process de fabrication exclusif, La Tannerie végétale produit ses premiers lots d’alternatives au cuir. La société prévoit une montée en puissance de son activité après un financement de 9 millions d’euros.

Un peu partout, les recherches vont bon train pour trouver des alternatives au cuir, moins impactantes d’un point de vue environnemental mais tout aussi résistantes et à des coûts compétitifs. Parmi les projets en cours, celui de la Tannerie végétale se base sur le recours à des ingrédients déjà connus des professionnels, exclusivement végétaux et sans recours au plastique

Lire aussi : Ictyos tanne les peaux de poissons de consommation

« Pour fabriquer nos alternatives au cuir, nous utilisons des ingrédients déjà sur le marché, en quantités suffisantes, et qui sont utilisés par les industries agroalimentaires ou cosmétiques », explique Fanny Deléage, cofondatrice de la Tannerie végétale, société créée en 2021. « Nous utilisons différents ingrédients végétaux : des protéines, issues par exemple du blé, du maïs ou du tournesol, du tannin et des assouplissants, ces deux derniers ingrédients pouvant être des feuilles, des écorces ou des graines », poursuit-elle. Fanny Deléage vise à utiliser le plus possible d’ingrédients produits à l’échelle régionale, nationale ou européenne, et à s’appuyer sur les filières de recyclage, comme par exemple pour les pigments, en alternative aux produits minéraux habituellement utilisés.

Lire aussi : Mondin lève des fonds pour lancer sa marque de cuir végétal Nisiar

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

industrie
Suivi
Suivre
financement
Suivi
Suivre

Deux produits ont été développés par la Tannerie végétale sur la base d’un savoir-faire protégé par un brevet. Des rouleaux embossables, d’une largeur de 15 cm et plutôt souples, utilisés pour des bracelets de montre, des bijoux ou des pièces de petite maroquinerie. Et une toile enduite bifaces, conçue à partir d’une toile de lin ou de chanvre, et dont la largeur de 50 cm permet de fabriquer des pièces de maroquinerie rigides et résistantes. Ces produits sont confectionnés en noir, la couleur la plus demandée, et aussi en marron-rouge et marron-jaune. La Tannerie végétale propose aussi des granulés injectables à partir du mélange végétal qui lui sert pour les rouleaux et toiles, destinés à des fabricants de produits tels que des coques de téléphone.

Un site industriel pour produire 20 fois plus

La Tannerie végétale assure actuellement la fabrication dans son laboratoire de Villeurbanne, en périphérie de Lyon, d’une capacité de 5000 m2 de produit par an. Mais la société veut aller désormais plus loin. « Notre ambition est de passer à l’échelle industrielle en nous dotant d’un site de production d’une capacité 20 fois supérieure à notre site actuel », prévoit Fanny Deléage. Le but est de pouvoir produire des rouleaux de 60 cm de largeur, taille nécessaire pour pouvoir répondre aux demandes des industries de la décoration, de la maroquinerie et de la chaussure.

Pour cela, La Tannerie végétale compte organiser fin 2024 une levée de fonds de 9 millions d’euros en capital. La société a déjà eu recours à des financements extérieurs : 1 million d’euros en pré-seed (prêt du Réseau Entreprendre, subventions de BPIfrance et prêts bancaires), puis 1,1 million d’euros en février 2023 auprès de business angels, family offices, industriels et banques.