La Commission européenne n’est pas alarmiste sur le niveau sanitaire des établissements agroalimentaires tchèques. Elle note quand même de « sérieux problèmes ». C’est pour combattre cette idée et « » sur la sécurité alimentaire des produits de République tchèque – selon les mots de Jaroslav Camplìk, président de la Fédération des industries agroalimentaires tchèques – que ce pays a organisé une conférence / dégustation à Bruxelles. Le ministre tchèque de l’Agriculture et l’ambassadeur de la République tchèque auprès des institutions européennes sont venus affirmer que dès 2003, « ».
La République tchèque est prête à intégrer l’Union européenne, du point de vue de la sécurité alimentaire tout au moins. C’est en tout cas le message qu’ont asséné les intervenants lors d’une conférence sur l’état de préparation de ce pays en matière d’alimentation, avant son intégration à l’Europe. L’événement, qui avait lieu à Bruxelles, était organisé par la représentation permanente de la République tchèque auprès des institutions européennes, le 15 décembre.
Une industrie compétitrice
D’ailleurs, les Tchèques ne vont pas se contenter de cette mise à niveau réglementaire. Ils entendent bien « profiter du marché intérieur et participer à la compétition» qui s’y joue entre les différents acteurs, a souligné Pavel Telika, l’ambassadeur de la République tchèque, indiquant que son pays s’assurerait que les firmes qui ne sont pas en ligne avec l’acquis – une très petite minorité selon lui – seraient empêchées d’exporter sur le marché européen.
Selon le représentant des industriels de l’agroalimentaire tchèque, Jorslav Camplìk, le nombre d’entreprises n’étant pas dans les standards « diminue chaque jour». Elles ne sont plus que « quelques centaines », quatre à cinq cents environ et pour la plupart de petites, voire très petites structures. Quoi qu’il en soit, l’élargissement ne devrait pas poser de problème d’approvisionnement. Les fermetures de sites industriels pour des raisons sanitaires devraient être limitées, à en croire les autorités tchèques qui soulignent les dizaines de millions d’euros dépensées pour parvenir à ce résultat.
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Exportations
À peine l’acquis réglementaire repris à leur compte, certaines entreprises songent à en profiter et développer leur activité hors de leurs frontières. Jorslav Camplìk estime que le mouvement se fera d’abord en direction des pays proches, notamment l’Allemagne et l’Autriche. Car beaucoup d’Allemands ou d’Autrichiens ont déjà eu l’occasion de faire connaissance avec les produits et les marques tchèques durant leurs séjours dans ce pays, explique-t-il. La société Altis, qui fabrique des produits chocolatés, des friandises spéciales pour les diabétiques, en est un bon exemple. Très présente sur son marché, l’entreprise entame son développement vers l’Allemagne. Mais la société Altis affiche des ambitions plus vastes : le dépliant de présentation de ses marques est déjà traduit en Français ! Si la sécurité alimentaire ne fait plus partie de ses préoccupations, Altis le doit à Nestlé, pour qui elle fabrique quatre produits chocolatés parmi les plus consommés en République tchèque. Discret sur les investissements et sur les relations avec le géant suisse, le directeur d’Altis, Petr Pelech, se contente de rappeler qu’il est un ancien de Nestlé et qu’il est indépendant.
Coopération et confrontation
L’argent public n’est donc pas la seule source de revenus qui ont permis la mise au niveau communautaire des standards alimentaires en si peu de temps. Comme le souligne souvent la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’Union européenne), les multinationales ont joué un rôle décisif.
Si le responsable des questions alimentaires de la représentation permanente bruxelloise de la République tchèque est aussi un cadre dirigeant d’Unilever, la très forte implication des multinationales dans ce pays ne s’arrête pas là. « C’est la coopération avec Danone qui nous a permis de parvenir à nous mettre à niveau avec l’acquis communautaire», explique le président du fabricant de produits laitiers Polabské mlékàrny a. s. Prodebrady, Pavel Vybìral. Avant de pouvoir signer la charte de qualité Danone et produire certains produits pour le groupe français, cette entreprise a dû investir 7 millions d’euros en cinq ans.
Voilà le paradoxe de ces futurs nouveaux pays membres de l’Union européenne et de la Tchéquie en particulier : tout en restant indépendantes, nombre d’entreprises y produisent aujourd’hui en grande partie des denrées pour les multinationales qui y ont investi massivement. Leurs marques ne représentent bien souvent pas la majeure partie de l’activité de leurs lignes de production. Mais ces marques proprement tchèques se retrouvent aussi, sur certains segments de marché, en compétition directe avec les marques internationales. Ces relations faites de partenariat et de compétition à la fois devraient être bien compliquées à gérer une fois que les marques propres des firmes tchèques seront puissantes et reconnues en Europe, si certaines y parviennent.