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Election La tranquille évolution de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture

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Si le président sortant de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), Guy Vasseur, a été réélu sans surprise le 20 mars à la tête de l’institution, deux changements sont à noter : une femme, la présidente de la Chambre d’agriculture de la Lozère, Christine Valentin, intègre pour la première fois le bureau de l’APCA. Et l’assemblée dispose désormais d’un conseil d’administration composé de 37 membres.

À l’âge de 63 ans, le président de la Chambre départementale du Loir-et-Cher depuis 1994 entame son deuxième mandat à la tête de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Le céréalier Guy Vasseur avait succédé le 28 janvier 2010 à Luc Guyau, qui décidait de quitter ses fonctions en cours de mandat pour se consacrer à la présidence indépendante du conseil de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Seul candidat à sa succession, il a été réélu le 20 mars, sans surprise, à son poste pour une durée de six ans, à la quasi unanimité. Le changement, en revanche, s’est opéré en amont, avec l’élection du premier conseil d’administration (CA) de l’APCA, conformément à un décret du 15 mars paru au Journal officiel du 17 mars. Trente-sept membres, issus des régions, intègrent la nouvelle entité.

Six nouveaux au bureau

« Toutes les régions sont représentées au sein du CA », a souligné Guy Vasseur, soucieux de ce même équilibre au sein du bureau, élu par le CA le 20 mars. « Il s’agit en effet d’un bureau équilibré géographiquement et en productions », a-t-il indiqué. Il est composé de quatorze membres (le président inclus) dont six nouvelles personnes (Claude Cochonneau, Christine Valentin, Pascal Ferey, Jacques Jaouen, Christophe Hillairet et André Bernard). Pour la première fois, une femme accède ainsi au bureau : la présidente de la Chambre d’agriculture de Lozère, Christine Valentin devient secrétaire adjointe. À ses côtés : le producteur de lait, Jean-Louis Cabauzon, en charge des territoires, est désigné premier vice-président, Daniel Gremillet (sur les questions de l’élevage), Claude Cochonneau (économie), Jean-Philippe Viollet (entreprise, conseil, innovation des chambres) occupent les autres vice-présidences, le viticulteur Jo Giroud devient secrétaire général. Didier Marteau et Pascal Ferey sur les dossiers de l’environnement et le Jurassien Dominique Chalumeaux sont secrétaires adjoints. Le producteur laitier Jacques Jaouen, Christophe Hillairet (en charge du foncier), le producteur de fruits et légumes André Bernard et le viticulteur girondin Bernard Artigue ont enfin été élus membres du bureau.

Revoir le financement des chambres d’agriculture

« Cette réforme de l’organisation de l’APCA, en cohérence avec les orientations du ministère, renforce l’ancrage territorial – et régional en particulier – de la gouvernance du réseau », a déclaré de son côté Stéphane Le Foll, à l’occasion de son passage, en début d’après-midi, au siège de l’APCA. Le ministre a, par ailleurs, félicité Guy Vasseur pour sa réélection et convié le bureau à un prochain échange rue de Varennes. Ses quatorze membres ont d’ores et déjà prévu d’aborder avec lui le sujet épineux du financement des chambres d’agriculture. « La taxe sur le foncier non bâti dont nous dépendons pourrait, comme il y a trois ans, ne pas être augmentée. Se profile une diminution des moyens des chambres d’agriculture, quand bien même un plus grand nombre de missions nous sont affectées », a indiqué Guy Vasseur. L’occasion leur sera donnée également de reparler avec Stéphane Le Foll des 6 millions d’euros qui auraient dû, à l’origine, être affectés au Casdar, un fonds dédié au développement agricole et rural, financé par une taxe professionnelle, qui pourraient être en effet réorientés, hors agriculture, selon le président de l’APCA. Ces dossiers pourraient par ailleurs faire l’objet de discussions auprès de Matignon et de Bercy, a-t-il ajouté.

Améliorer le revenu des agriculteurs

Les chambres se pencheront également en priorité sur la compétitivité et le revenu des agriculteurs, « contraint par la grande distribution qui détruit les emplois. La course aux prix les plus bas, ça n’est pas supportable, ça n’est pas acceptable », a commenté Guy Vasseur qui juge que la Politique agricole commune ne peut être la réponse. Selon lui, la solution se situe dans le rapport de force avec la distribution, « via des cadres que le gouvernement doit mettre en place ». Enfin, autre dossier prioritaire : l’environnement. Le président de l’APCA a plaidé en faveur de « normes agronomiques en lien avec les réalités de notre territoire » sans plus de normes administratives « punitives »

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