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Production laitière La transformation justifie sa position par le marché international

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Face aux réclamations des éleveurs et aux interrogations de la distribution quant aux prix bas à la production, le maillon de la transformation réagit par voie de communiqué, se justifiant par l'état du marché international. Des représentants du secteur ont également fait « le point » avec le ministre de l'Agriculture.

Les éleveurs laitiers tout comme certains distributeurs dénoncent le maillon de la transformation qui ne répercuteraient pas aux éleveurs un prix du lait plus conséquent. Ainsi, « dans le cadre de ses négociations avec les fournisseurs de produits laitiers à marques nationales, Système U a pris comme base un prix de 34 centimes d'euro pour un litre de lait payé aux producteurs. A ce jour, le litre de lait est acheté à la production 30 centimes », évoque le distributeur dans un communiqué du 23 juin. Thierry Rocquefeuil, président, de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) parle même de « hold-up » dans un communiqué du même jour. Le 30 juin, le ministre de l'Agriculture et les industriels avaient donc rendez-vous. Quelques heures avant, l'Association de la transformation laitière française (ATLA) s'est justifié de sa position dans un communiqué intitulé « la transformation laitière en prise avec le marché international ». « Les transformateurs ne peuvent se soustraire à l'environnement international qui est actuellement marqué par un déséquilibre majeur entre l'offre et la demande », développe le communiqué.

Chine, Russie, Grèce et Nouvelle-Zélande !

Embargo russe et réduction de moitié des achats de la Chine par rapport à 2014 sont à l'origine d'« une baisse des cotations en un an de l'ordre de 25% sur la poudre de lait entier, de 35% sur le lactosérum et de 22% sur le gouda allemand » et d'« un engorgement du marché européen, qui conduit à une augmentation massive des importations en France, en quatre mois, de l'ordre de 49% sur le lait de consommation et de 28% sur l'emmental ». Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), présent au rendez-vous au ministère, tient le même discours et met également en cause la possible sortie de la Grèce de la zone euro, tout comme les stocks importants de la Nouvelle-Zélande qui tirent les prix du lait vers le bas. Visiblement, ce rendez-vous a été l'occasion de faire « un point sur la situation conjoncturelle », comme le précise Stéphane Le Foll dans un communiqué du 1er juillet, qui a bien sur « rappelé la nécessité de prendre en compte la situation très difficile de certains éleveurs laitiers ». Interrogé sur ce que peut faire le ministre pour les éleveurs, Dominique Chargé propose un allégement des charges, déjà effectif dans le secteur de l'élevage allaitant et de l'élevage porcin, ainsi qu'un lobbying fort à Bruxelles pour instaurer une définition du seuil de crise et un mécanisme de gestion de cette crise.

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Le double jeu de la distribution

Il dénonce cependant le double jeu des distributeurs face aux éleveurs, à l'image de Syndilait, l'organisation professionnelle regroupant les fabricants de lait de consommation, dans un communiqué du 29 juin : « Certaines enseignes […] continuent d'importer impunément et osent exprimer qu'ils comprennent la détresse des éleveurs ! ». En mars et avril 2015, par rapport à l'an passé, la hausse des importations de lait de consommation se chiffre à +63%, « l'augmentation la plus élevée de ces quatre dernières années », selon Syndilait. Ce dernier critique aussi l'État pour son absence de législation ainsi que les grossistes en charge des circuits de restauration hors foyers. « La situation est telle que si rien n'est fait, la filière entière du lait de consommation française, représentant 24 000 emplois, va disparaître », estime Syndilait.

Crise du lait, la FNPL « veut des réponses » de l'aval et des pouvoirs publics

La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) « veut des réponses de l'aval de la filière ainsi que des pouvoirs publics à la hauteur » de la crise qui sévit dans la filière laitière, selon un communiqué du 2 juillet. Entre coûts de production élevés et prix en baisse, les éleveurs laitiers sont étranglés économiquement parlant. Une situation « reconnue » par l'indicateur de marge des éleveurs laitiers, publié par FranceAgriMer, le 30 juin. Pour la FNPL, « le prix du lait doit être revalorisé dès juillet ». Le syndicat demande également à ce que « des mesures d'urgence » soient prises, comme des allègements de charge ainsi que la renégociation ou la modulation des prêts bancaires. « La mise en place d'une clause de renégociation dite « clause de survie », comme les textes législatifs le prévoient dans les contrats laitiers » est également « indispensable ».