Abonné

La transition écologique passe par le « protectionnisme », plaide Jancovici

- - 2 min

Questionné le 14 février aux Controverses de l’agriculture et de l’alimentation, organisées par le groupe Réussir/Agra, le consultant en politiques environnementales Jean-Marc Jancovici a estimé qu’il « va falloir revenir à une forme de protectionnisme » et à des « garanties de revenu » pour piloter la transition écologique. « Le marché n’est pas fait pour faire des prédictions à 30 ans. Si je veux des alouettes des champs, je dois payer pour. Et je ne peux pas le faire dans un marché ouvert. Il va falloir accepter de payer la contrepartie des modifications de cahier des charges que la collectivité demande aux agriculteurs. Aujourd’hui ce sont les labels, mais il faudra des garanties de revenu. » Volontiers pessimiste, il estime que « le pouvoir politique est incapable d’avoir un débat d’adultes et de dire à la société que la nourriture coûte aujourd’hui dix fois moins cher qu’il y a trente ans et lui permet d’acheter Netflix ».

Alertant sur le phénomène de pic pétrolier et la perspective de voir les principaux pays exportateurs d’hydrocarbures « diviser par deux » leur production d’ici 2050, Jean-Marc Jancovici appelle également à « préparer le monde agricole et agroalimentaire à cette situation, quoi que l’on pense du changement climatique ». L’ingénieur a rappelé la dépendance du secteur aux hydrocarbures, mais aussi les principales conséquences attendues du changement climatique sur le secteur agricole : travaux en extérieur rendus impossibles à l’homme dans les zones équatoriales, assèchement des sols, risque croissant d’incendies, et diversité croissante des pathogènes.

Son association The Shift Project a annoncé, le 21 septembre, le lancement de son nouveau projet « pour une agriculture résiliente, bas carbone et prospère ». Un rapport intermédiaire est prévu en juin, et le rapport final sera publié en novembre 2024.

« Si je veux des alouettes des champs, je dois payer pour »