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FNSEA « La TVA emploi devrait devenir un thème de la campagne présidentielle »

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Alors que la plupart des candidats à la présidentielle défendent le principe du « produire en France », la FNSEA estime que pour atteindre cet objetcif, il faut réduire les charges liées au travail salarié. La solution, selon la centrale paysanne, la TVA emploi, qui consiste à transférer sur le consommateur, avec une assiette très large, le coût du financement des allocations familiales.

«La question de la TVA emploi doit devenir un thème important de la campagne présidentielle », a estimé le président de la FNSEA Xavier Beulin à l’occasion d’une rencontre avec la presse le 14 décembre. Une manière, pour le syndicat agricole, de répondre à l’objectif du « produire en France », développé par la plupart des candidats. L’analyse économique de la FNSEA est la suivante : l’augmentation évaluée à 3 points de la TVA sur les produits permet de dégager (de 32 à 33 milliards d’euros) de quoi financer les allocations familiales actuellement payées par les employeurs. Pour compenser le risque, estimé réduit, de hausse des prix, une aide aux consommateurs à faible revenu serait accordée. L’avantage de cette TVA emploi serait également d’être assise sur les produits importés. « Il ne s’agit pas d’enlever des droits aux salariés », insiste Xavier Beulin.

Se remettre en marche avant
« La France veut-elle se remettre en marche avant ? », interroge le président de la FNSEA, qui fait de l’emploi le problème principal à traiter en France. Un problème qui réclame une remise à niveau des conditions de concurrence vis-à-vis de pays de l’UE comme l’Allemagne. C’est toute la question de l’harmonisation sociale qui est posée. « Nous sommes de doux rêveurs si on pense que l’harmonisation se fera par le haut », poursuit le président de la FNSEA. Une opinion renforcée lorsqu’il voit l’Allemagne signer des accords avec les Bulgares ou Roumains permettant d’embaucher des travailleurs pour les exploitations aux conditions des pays d’origine.
Selon la FNSEA, le problème des charges des entreprises françaises vis-à-vis de leurs concurrents européens fait l’objet d’un diagnostic partagé chez la plupart des candidats à la présidentielle. Reste à savoir où sont les partisans de la TVA emploi, également nommée TVA sociale par les politiques. La campagne présidentielle permettra de répondre à cette question.

Lettre commune avec le Medef, la CGPME et l’UPA
Dans les jours qui viennent, la FNSEA publiera une lettre commune avec le Medef, la CGPME et l’UPA : une lettre plaidant pour un tel mécanisme afin de rattraper notre retard de compétitivité. Les effets de ce retard, vis-à-vis de l’Allemagne se font déjà lourdement sentir sur les marchés, explique-t-on chez la centrale syndicale. Le potentiel de fruits et légumes français a perdu 15%-20% en quelques années tandis que celui des Allemands a augmenté dans cette proportion. En production animale, l’Allemagne a gagné à peu près ce que la Bretagne a perdu. Des évolutions liées au poids des coûts de main-d’œuvre en agriculture. Ils sont d’environ 65% en fruits et légumes et de 40% pour les viandes transformées.
La France, en revanche, bénéficie de coûts énergétiques plus faibles et d’un foncier meilleur marché, en moyenne. Mais il faut noter, en matière énergétique, que l’investissement allemand en méthaniseurs ne cesse de progresser. Nos voisins d’outre-Rhin disposeraient aujourd’hui de 7 000 méthaniseurs dans les exploitations. De quoi permettre des efforts particuliers sur les prix de vente. L’avantage, en production porcine, représenterait 5 centimes le kilo, lequel s’ajoute à l’avantage concurrentiel (10 centimes le kilo) obtenu sur toute la chaine de transformation du porc.

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