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FCO La vaccination volontaire contre la FCO pourrait entraver les exportations

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A partir de novembre 2010 la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) va devenir volontaire et les éleveurs pourront la pratiquer. Cette décision très attendue par les professionnels n’est pas sans poser de problèmes. Les pouvoirs publics ont 6 mois devant eux pour s’assurer que les accords bilatéraux signés avec l’Espagne et l’Italie permettront aux éleveurs français de continuer à exporter leurs animaux. Les discussions sont en bonne voie. Pour le marché intérieur, la FNGDS prépare un protocole de suivi de la vaccination par les éleveurs pour apporter des garanties aux acheteurs.

Le ministère de l’Agriculture a décidé le 21 juillet que la vaccination contre la FCO deviendrait volontaire à partir de la prochaine campagne de prophylaxie. Les éleveurs pourront également procéder eux-mêmes à la vaccination de leurs animaux. Cette décision très attendue des éleveurs pourrait néanmoins poser des problèmes pour les exportations. Pour la campagne en cours, aucun souci, tous les animaux ayant été vaccinés. Par contre, pour l’année prochaine, des détails doivent encore être précisés avec les principaux acheteurs d’animaux vivants que sont l’Espagne et l’Italie. La France a des accords bilatéraux avec ces deux pays. Problème : Bruxelles ne veut plus entendre parler des accords bilatéraux dans l’avenir. « On n’y est pas encore », relativise Marc-Henri Cassagne, directeur de la Fédération nationale des groupements de défense sanitaire (FNGDS). En attendant, ces accords continuent d’être appliqués. Et les services de l’Etat ont 6 mois devant eux pour s’assurer que les échanges ne seront pas perturbés en 2011.

Vaccination par un vétérinaire pour les exportations

La Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) estime qu’il aurait été nécessaire de vérifier au préalable l’acceptabilité de cette mesure avec « nos partenaires européens et des pays tiers pour préserver nos capacités de valorisation de l’ensemble des animaux sur ces marchés ». La FFCB estime dans un communiqué que ce changement de politique entraînera « une possibilité de confusion sur le statut des animaux en fonction de leur mode de vaccination et de leur destination avec un risque important de ne pas pouvoir répondre à des opportunités de marchés ».
Les animaux destinés à l’exportation et en âge d’être vaccinés devront continuer d’être vaccinés par un vétérinaire sanitaire et provenir d’un cheptel souche vacciné. Par contre, dans le cadre de l’accord bilatéral en vigueur entre la France et l’Italie, les animaux expédiés de l’autre côté des Alpes (principale destination des broutards français) ne devront plus nécessairement provenir d’un cheptel vacciné. Les jeunes animaux ne pouvant pas encore être vaccinés (principalement des petits veaux) devraient, quant à eux, être issus d’un troupeau vacciné par un vétérinaire sanitaire. Des discussions sont en cours avec les services vétérinaires italiens et espagnols pour régler définitivement cette dernière question.

Un protocole de suivi de la vaccination par les éleveurs

« Pour les mouvements à l’intérieur de la France, on peut penser que les acheteurs demanderont des animaux vaccinés », estime Marc-Henri Cassagne. Dans ce cas, les éleveurs devraient avoir le droit de vacciner eux-mêmes leurs animaux. Un protocole de suivi documentaire de la vaccination par l’éleveur est en cours de préparation. Il comprendrait le protocole de soin – comprenant le vaccin contre la FCO – établi par le vétérinaire et la facture prouvant l’achat du vaccin par l’éleveur. En plus, la FNGDS mène actuellement une expérimentation pour valider un test biologique qui prouverait qu’il y a bien eu vaccination.
La FNGDS appelle les éleveurs à continuer de vacciner massivement leurs troupeaux. « La campagne obligatoire était assez rigide, explique Marc-Henri Cassagne, et il y a eu des mécontents chez les éleveurs. Mais avec la vaccination volontaire, les animaux pourront être vaccinés au bon moment, en dehors des périodes de gestation par exemple ». Un important travail de communication va commencer après trois années de vaccination obligatoire qui ont laissé des traces.

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