Encore cette année, la valeur ajoutée de la branche agricole poursuit sa lente érosion, ce qui est un phénomène ancien ayant démarré dès les années soixante-dix (graphe n° 1). « Entre 1970 et 2016, la valeur ajoutée globale dégagée par la branche agricole a baissé de plus d’un tiers », souligne l’APCA dans sa note d’analyses et perspectives de juillet 2017 portant sur les comptes de l’agriculture 2016. Et depuis le milieu des années 2000, cette valeur ajoutée agricole fait le yoyo, au gré de l’évolution des prix des produits agricoles.
Une analyse sur le long terme montre que si la valeur ajoutée moyenne par actif ne chute pas complètement sur les dernières décennies, c’est uniquement parce que la baisse du nombre d’actifs agricoles est plus forte que celle de la valeur ajoutée. En effet, le nombre d’actifs des exploitations agricoles a baissé de 67 % entre 1960 et 2016 (graphe n° 2).
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On voit sur le graphe n° 3 que ce phénomène est très net des années soixante-dix jusqu’à la fin des années quatre-vingt-dix, puis on a assisté à un palier au début des années 2000. Et depuis 2006, la valeur ajoutée agricole par actif subit des soubresauts réguliers, du fait des fortes fluctuations des cours mais aussi des accidents climatiques. L’année 2016 en est malheureusement une illustration, avec des conditions météo déplorables qui ont fait chuter les rendements et la production de fourrage, des prix en berne sur les productions végétales ainsi qu’une concurrence farouche au sein de l’UE sur les productions animales.