« Nous observons une variabilité très grande en matière d’émissions de carbone en fonction des zones d’approvisionnement, des pays importateurs, et des sous-étapes de l’approvisionnement », écrit une équipe de chercheurs dans un article publié dans le journal Global Environmental Change, dédié à l’empreinte carbone du soja brésilien. Cette étude combine les flux de soja à l’échelle locale, obtenus grâce à l’application Trase, avec une analyse de cycle de vie détaillée de ces flux sur la période 2010-2015. D’après les résultats, les émissions de carbone seraient les plus importantes dans la région du Manitopiba et l’État du Para, là où la déforestation est aujourd’hui la plus active. « Importer du soja de ces États entraîne des émissions par tonne pouvant atteindre six fois la moyenne brésilienne », expliquent les chercheurs. Ces différences ont des conséquences côté importateur. L’Espagne possède ainsi la plus grande empreinte carbone par tonne de soja importée au monde (1,23 t de CO2 par tonne de soja), puisqu’elle se fournit en grande partie dans le Manitopiba. L’empreinte de la France représente la moitié de l’empreinte espagnole, et demeure également inférieure à celles des importations allemandes, chinoises, ou néerlandaises. Très décriée, la déforestation représenterait au final près de 60 % des quatre flux d’importation les plus émetteurs (Espagne, Arabie Saoudite, Japon et Portugal). Le transport et la transformation des graines pèseraient environ un tiers de l’empreinte totale au niveau mondial.
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