À l’approche de la présentation de la réforme de l’organisation commune du marché (OCM) viticole, la filière française s’est arrêtée sur un positionnement commun. La profession pose un certain nombre de conditions à la réforme, s’opposant, entre autres, à la libéralisation des plantations et à la disparition des aides à la distillation de crise. Le texte devrait servir de base aux négociations qui vont bientôt démarrer entre le ministère de l’Agriculture et Bruxelles.
La filière viticole française, réunie dans le cadre du conseil de direction spécialisé de Viniflhor le 23 mai en marge de « la London Wine Fair », s’est accordée autour d’une déclaration commune vis-à-vis de la réforme de l’OCM. Ce conseil, présidé par Jérome Despey, est composé de représentants du négoce et de la production (vignerons indépendants, coopératives viticoles, CNAOC…). Le 4 juillet prochain sera présenté le projet de réforme de l’OCM viticole, mais déjà un certain nombre de propositions sont connues, notamment la volonté de libéraliser totalement le marché. La viticulture française s’y oppose, jugeant « insuffisantes » les mesures prévues par la commission, et rappelle son attachement au maintien « d’une OCM spécifique adaptée aux particularités de ce secteur (plantes pérennes, produits stockables, sensibilité aux aléas climatiques…) ».
Non à une dérégulation totale
« La dérégulation totale ne nous donnera pas les moyens pour être compétitif », a résumé Georges-Pierre Malpel, directeur de Viniflhor. Le positionnement pris par la filière insiste donc sur la nécessité de dispositifs de régulation que ce soit pour la gestion des stocks ou le droit de plantation. « Le système de droit de plantation doit impérativement être maintenu au-delà de 2013 », précise le texte, qui demande également que soient conservés le caractère obligatoire des prestations viniques (traitement des sous-produits de la vigne) et de la distillation de crise (exceptionnelle). La libéralisation de l’étiquetage est aussi dénoncée. En revanche, une aide à la promotion des produits et un appui à la restructuration des exploitations est vivement demandée.
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Quelques désaccords persistent
En clôture du congrès annuel des vignerons indépendants (CVIF), le 10 mai, leur président Xavier de Volontat s’était prononcé pour une libéralisation des plantations de vignes sans indication géographique. Aucun représentant de la CVIF n’était d’ailleurs présent lors de la finalisation du texte mercredi 23 mai. « Nous avons participé aux discussions préalables » précise Eric Rosaz, directeur de la CVIF. « Le texte final constitue une position majoritaire du conseil de direction, mais pas unanime »poursuit-il, « ce texte unique est néanmoins utile pour peser auprès de la commission européenne ».
Pour Jérome Despey l’objectif de cette série de recommandations commune est de bien identifier les axes prioritaires et d’avoir une position claire afin de les présenter à la nouvelle ministre de l’Agriculture, Christine Lagarde. Il devrait rapidement obtenir un rendez-vous avec celle-ci pour organiser la tenue d’une table ronde réunissant l’ensemble de la filière. « Mme Lagarde aura ainsi en mains les éléments nécessaires pour les négociations qui s’annoncent », a précisé Jérôme Despey.