L’augmentation du coût des aliments a freiné la filière volaille, surtout en Europe et en France l’an passé, la croissance étant encore sensible en Asie et au Brésil. L’Office de l’élevage prévoit une légère reprise en 2009, la crise économique pouvant favoriser la volaille par rapport aux autres viandes.
Au niveau mondial, la production de viande de volaille a progressé de près de 4 % en 2008 malgré le contexte général d’augmentation du coût des matières premières entrant dans la composition des aliments, indique le dernier rapport économique annuel établi par l’Office de l’élevage. Pour l’essentiel, la croissance a eu lieu en Asie de l’Est et au Brésil, précise le rapport.
Dynamisés par la hausse de la demande dans plusieurs pays importateurs, les échanges internationaux de viande de volaille se sont fortement développés, atteignant 11 % de la production mondiale.
Le Brésil conforte son rang de 1er exportateur
Les exportateurs brésiliens, en diversifiant leurs débouchés, ont confirmé leur position de premier rang sur le marché mondial de la volaille, tandis que les Etats-Unis développaient leurs exportations sur le marché russe.
Le dynamisme de l’aviculture mondiale a résulté d’une demande en forte croissance. En Asie de l’Est, sous l’effet du déficit de l’offre en viande porcine déjà observé en 2007, la demande s’est reportée sur la volaille de chair. En Russie et en Amérique latine, la croissance des revenus a nettement favorisé la consommation de viande, et en particulier de volaille de chair. La demande a été encore plus importante dans les pays du Moyen-Orient.
Léger déficit européen
Dans l’Union européenne, la croissance de la production a été plus limitée (+ 1,2 %). Cette augmentation, qui correspond principalement à une progression dans le secteur du poulet, est venue répondre à une hausse de la demande dans les Pays Tiers et, dans une moindre mesure, sur le marché communautaire.
Les échanges intra-communautaires à destination de la Roumanie et de la Bulgarie se sont toutefois nettement ralentis après le pic enregistré en 2007 après l’adhésion de ces pays, qui a mis fin à leur possibilité de s’approvisionner aux États-Unis.
Les exportations vers les Pays Tiers ont fortement progressé, notamment vers le Moyen-Orient, la Russie et l’Asie de l’Est. Elles ont retrouvé un niveau comparable à celui de 2006. Les importations ont connu un nouveau développement, principalement sous forme de préparations à base de volaille en provenance de Thaïlande. Le léger déficit de l’Union européenne à 27 s’est ainsi confirmé, avec un taux d’auto-approvisionnement évalué à 98,4 %.
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En France, la production de volaille est restée à peu près stable. Le secteur du poulet dit « grand export » a bénéficié d’une conjoncture favorable mais la production de volaille destinée au marché européen a subi un repli, en lien avec de nouvelles pertes de débouchés. Les exportations de volaille ont fait un bond à destination des Pays Tiers en raison de la forte demande au Moyen-Orient.
La restauration relaie les ménages
Toutefois, les expéditions vers l’Union européenne, qui portent sur des produits à plus haute valeur ajoutée, sont restées sur une tendance baissière. Dans le même temps, les importations ont continué leur progression à un rythme soutenu.
La consommation de volaille sur le marché intérieur a légèrement progressé, principalement sous forme de produits importés. Certes, les ménages ont réduit leurs achats de volaille fraîche et de produits élaborés en raison de l’augmentation des prix, mais le renchérissement des viandes a conduit les collectivités et les restaurateurs à concentrer davantage leurs achats de produits carnés sur la volaille, au détriment des autres viandes. Au moment de la rédaction du présent rapport, le contexte de crise économique laissait encore une large incertitude sur le comportement des consommateurs au moment des fêtes de fin d’année, période cruciale pour les ventes de volailles festives et de foie gras.
Tabler sur la demande mondiale en 2009
Pour l’année 2009, les perspectives du marché de la volaille seront peut-être assombries par la crise économique mondiale. L’impact négatif de cette dernière devrait cependant être plus limité pour la volaille que pour les autres viandes. La baisse attendue du prix des céréales devrait permettre à la production mondiale de se développer et de satisfaire la demande. Celle-ci devrait rester dynamique notamment en Asie de l’Est et pourrait repartir à la hausse aux Etats-Unis.
En Europe, la production et la consommation devraient augmenter à un rythme modéré. Les exportations pourraient progresser sous l’effet de la demande mondiale, qui devrait également contribuer à limiter les importations en réduisant la concurrence avec les opérateurs brésiliens.
En France, la production devrait augmenter avec la baisse des coûts de production, mais être limitée par la perte de débouchés attendue dans l’UE, liée à l’évolution relative des prix dans les différents pays. La consommation de volaille pourrait être favorisée par l’augmentation du prix de détail du porc.