Abonné

La volaille française veut provoquer un acte citoyen...

- - 3 min

La filière volaille française a présenté ses ambitions pour la promotion de la signature Volailles de France à Paris, le 19 février. Objectif : regagner des parts de marché sur les importations.

Chiffres-clés de la filière viande de volailles française en 2013

Nombre d'éleveurs : 20 000

Nombre de salariés de la transformation : 25 000

Production (en milliers de tonnes) : 1800

Exportation (en milliers de tonnes) : 652

Importation (en milliers de tonnes) : 505

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Consommation française (en milliers de tonnes) : 1 600

Source : APVF

« NON aux volailles sans papiers ». Tel est un des slogans publicitaires dévoilé par l'APVF (association pour la promotion de la volaille française) lors d'une conférence à Paris, le 19 février. Son président, Roland Tonarelli, a affirmé qu'il n'y avait pas de « double message » par rapport aux campagnes électorales des prochaines municipales. L'APVF veut « agiter les consciences et provoquer un acte citoyen ». L'objectif prioritaire est de « faire consommer les productions françaises » en regagnant des parts de marché sur les importations. En 2013, 80 % de la viande de volaille entrant dans les produits transformés est importée. Deuxième bête noire (après les transformateurs) des soutiens au « consommons français » : la restauration hors domicile (RHD). 40 % de la viande de volailles proposé par la RHD est importée. Enfin, les GMS (grandes et moyennes surfaces) s'en sortent avec une part d'importations de 11 %. Globalement, les importations françaises 2013 représentent un volume de 505 000 tonnes. « Elles représentent 31 % de la consommation nationale », regrette Roland Tonarelli. Si les « mauvais élèves » sont identifiés, il n'en reste pas moins que l'étiquetage « Volailles de France » ne devient pas obligatoire. Autrement dit, les opérateurs sont libres de ne pas préciser l'origine de leur approvisionnement en viande de volailles. « On ne peut pas forcer les industriels à utiliser le logo », admet Roland Tonarelli. Néanmoins, c'est le cœur de la campagne publicitaire en cours : convaincre transformateurs et restaurateurs de s'approvisionner localement. « Toute la filière avicole se mobilise chaque année, pour convaincre consommateurs, distributeurs et restaurateurs d'acheter des Volailles françaises (…) qui répondent à l'un des plus hauts niveaux d'exigences du monde en termes de traçabilité, de contrôle, de sécurité alimentaire », rappelle Roland Tonarelli.

La filière dinde, inquiète des importations croissantes

« L e combat ne fait que commencer », a assuré Gilles Le Pottier, délégué généra du Cidef (comité interprofessionnel de la dinde française) à Paris, le 19 février. La filière dinde française fait face à des pertes de parts de marché à l'export, mais le problème est le même sur le marché intérieur. Les productions françaises perdent du terrain face aux viandes en provenance d'Allemagne et de Pologne. La France est toujours le premier producteur européen, mais aux coudes à coudes avec l'Allemagne. Au-delà des frontières de l'Europe, c'est le poulet américain qui inquiète, alors que les négociations commerciales bilatérales entre l'Union européenne et les Etats-Unis sont en cours. Si les viandes de volailles sont classées « produits sensibles », Gilles Le Pottier s'interroge, inquiet : « on va devoir payer.

Des contingents plus importants ? Des droits de douanes moins avantageux ? On ne sait pas quelle forme cela prendra ».