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L’abattoir Rhône Ouest épinglé par L214 et suspendu

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Après que L214 a révélé, le 30 janvier, de « nombreux et graves dysfonctionnements » à l’abattoir Rhône-Ouest, la préfecture a suspendu cet outil public multi-espèces.

La préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes a suspendu le 3 février l’activité d’abattage des porcs dans l’abattoir Rhône Ouest, après une inspection ayant mis en évidence « des anomalies majeures en matière de protection animale ». La préfète « a pris la décision de suspendre l’activité d’abattage des porcins sur le site de Saint-Romain-de-Popey » de la société Secat, avec effet immédiat, indique la préfecture dans un communiqué. Cet abattoir public dispose de deux chaînes d’abattage : une bovine et une ovine et porcine. L’activité bovine est maintenue sous réserve de « procéder à un certain nombre d’actions » pour l’améliorer, précise la préfecture ; sur la branche ovine/porcin, l’activité porcine présente des anomalies et est donc suspendue. L’arrêté de suspension pourra être levé « dès la mise en œuvre des mesures correctives demandées » et « la transmission des documents justificatifs sollicités », précise la préfecture.

La DDPP (préfecture) avait réalisé les 30 et 31 janvier une inspection à vide puis en fonctionnement de la chaîne porcine, après la diffusion d’une vidéo par L214. Le 30 janvier, l’association avait publié une vidéo montrant de « nombreux et graves dysfonctionnements » à l’abattoir multi-espèces Rhône Ouest. Selon L214, « la chaîne ovine et porcine est archaïque et en infraction avec la réglementation », tandis que la chaîne bovine présente « des infractions graves ». Cet outil public produit de la viande conventionnelle, Label rouge et bio, destinée à la grande distribution et aux cantines scolaires. L’abattoir fournit notamment « les Intermarché du département », d’après l’association abolitionniste, qui ajoute que l’enseigne « a décidé d’arrêter de s'[y] approvisionner » après « avoir été informé [e] de la situation par L214 ». Et l’association d’ajouter qu’un « chantier conséquent » a démarré en 2024 pour « augmenter la capacité de production » (à 4 200 t), mais que « des travaux de mise en conformité des chaînes d’abattage seraient prévus seulement au mois de mai 2025 ».

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Lettre ouverte à la ministre

L’ONG a porté plainte contre l’État, ainsi que contre l’abattoir pour « sévices graves et mauvais traitements ». Elle a aussi demandé la fermeture de l’établissement à son gestionnaire, la Communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien (COR). Enfin, à cette occasion, L214 a envoyé une lettre ouverte à la ministre de l’Agriculture où elle réitère sa demande d’un « audit généralisé des abattoirs en France », avec « publication des rapports d’inspection ».

« Des anomalies majeures en matière de protection animale »