Le cercle de réflexion I4CE dresse le bilan du Label bas carbone (LBC) après six ans d’existence, dans une note le 2 juin ; 1 685 projets (tous secteurs) sont validés au 31 mars, soit « un impact potentiel de 6,41 MtCO2eq », qui sera « ajusté cinq ans après le lancement de chaque projet ». Cela inclut 1,56 MtCO2eq de « réductions d’émissions » en élevage bovin et 1,13 MtCO2eq de « séquestration et atténuation d’émissions sols » en grandes cultures ; 3 500 exploitations sont engagées, avec un impact moyen de 1 tCO2/ha/an. Face aux « débats » sur la quantification carbone, deux leviers pourraient être activés selon les auteurs : un « changement de métrique carbone pour la méthode Carbon’Agri (élevage), qui encourage actuellement l’optimisation des systèmes, mais entrave les changements structurels », et « une amélioration du recours à la modélisation dans la méthode Grandes cultures ».
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Côté financements, « les projets sont historiquement financés par des entreprises françaises de tailles et de secteurs variés » via une contribution volontaire. Elles paient « en moyenne 35 €/tCO2 », soit « plus de quatre fois plus que les prix du marché international », et « le LBC reste attractif [malgré] la baisse du marché volontaire mondial ». S’ajoutent les financements réalisés dans le cadre d’une obligation de compensation. « Une demande réglementaire a émergé depuis 2022 suite à la loi Climat et résilience », relèvent les auteurs, « principalement de la part des compagnies aériennes opérant des vols domestiques, pour un prix moyen de 30,7 €/tCO2 ». Une demande qui pèse pour « 40 % à 80 % des préfinancements de projets et structure donc le marché ». Malgré tout, la demande « notamment d’origine volontaire », reste « fragile », « particulièrement pour les projets agricoles » car ils « cumulent un prix à la tonne de CO2 plus élevé et un narratif moins séduisant que les projets forestiers » ; par ailleurs, « ils peinent à mobiliser l’aval de leur chaîne de valeur ».